La transition digitale est en route ! Mais est-elle assez rapide ? Elle est un enjeu pour les entreprises, les entrepreneurs et leurs équipes. D’après le rapport publié en février 2020 par We Are Social et Hootsuite, 90 % des Belges sont des utilisateurs d’internet, et 65 % le sont des réseaux sociaux. L’enquête de Statbel sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication datant de février 2020 confirme largement la place du numérique dans nos vies puisque 7 Belges sur 10 consomment en ligne ! Sans parler de nos activités de recherches : d’un bon restau à un pro bien recommandé de la plomberie, tout y passe. Et pourtant, la présence et la visibilité de nos entreprises belges sur le net est loin d’être une évidence absolue ; et nombre d’entre nous consomment dans les e-commerces des pays voisins.

Symptomatique d’un retard digital des entreprises en Belgique ? Possible. Voilà pourtant des années que des acteurs alertent sur l’importance de débloquer les moyens pour réussir cette fameuse transition digitale. Julie Foulon fait partie d’entre eux. Cette entrepreneuse a fondé le site Girleek.tech, pour aider dans l’accompagnement vers le digital et l’entrepreneuriat numérique. Un engagement qui ne s’arrête pas là : parce que l’enjeu sous-jacent est celui de l’inclusion numérique ! Qui en sera, qui la loupera ? Les compétences numériques sont de plus en plus nécessaires au travail. L’inclusion numérique est donc un levier d’inclusion sociale et économique.

Pour résumer, dans cet épisode : Julie Foulon nous parlera transition numérique, et inclusion digitale !

Les temps forts du podcast :

  • Transition numérique : une nécessité en 2020

« C’est important d’intégrer l’automatisation, l’utilisation d’un écosystème technologique, parce que la technologie nous entoure. On a tous un smartphone greffé dans la main. Ça induit des changements de comportements. Et si l’on ne prend pas en compte ces nouveaux comportements, on passe à côté de clients potentiels. Et pendant cette crise actuelle [COVID-19, NDLR], c’est très difficile pour les entreprises qui n’ont pas pris le train en marche. »

  • Les entreprises : le bénéfice de la diversité

« Je pense qu’il faut de la diversité en entreprise : plus de femmes, plus de diversité en termes de générations, de cultures. Pour moi, c’est fondamental. Ça permet d’éviter les consensus, d’être toujours dans le dialogue. Parce que dans le consensus, il n’y a pas d’innovation. C’est important de sortir de sa zone de confort et de n’oublier personne. »

  • Cibler ses besoins de connaissances…

« Aujourd’hui, il faut non seulement avoir un site internet, mais travailler avec un écosystème autour : le référencement, les réseaux sociaux, la création de contenu, les publicités en ligne, mes cibles sur les réseaux, comment je vais les atteindre, etc. (…) Il faut arriver à comprendre qui sont les personnes qui viennent chez moi et comment je vais arriver à les fidéliser. »

  • …Pour mieux se former

Chez Girleek par exemple, on a mis en place 2 fois par semaine des webinaires qui vont expliquer les mécanismes du web et des internets : comment on développe une communauté ? Comment ajouter un pixel sur Facebook ? Comment faire une publicité sur Google ? etc. Nos webinaires apportent des réponses très concrètes. Ce sont des formations courtes, qui permettent de comprendre dans quoi on met les pieds et comment ça fonctionne.

  • « Le numérique », ce milieu opaque

« C’est compliqué pour les femmes de rentrer dans le secteur. J’ai souvent entendu des remarques du style : ‘’ je voudrais prendre des femmes développeuses, mais elles sont moins bonnes que les hommes’’. Je me suis rendu compte qu’il y a un vrai souci du côté des ressources humaines : (…) c’est souvent un non direct. »

  • La formation, un enjeu économique ?

« Les nouvelles technologies évoluent sans cesse. On ne peut plus se reposer sur nos lauriers en se disant que j’ai appris il y a 20 ans est encore bon. On est obligé de s’adapter en permanence à cette évolution exponentielle des nouvelles technologies. Si on ne le fait pas, on va droit dans le mur. »

Julie Foulon : "You can do it"

Julie Foulon a des conseils pour les jeunes entrepreneurs !

« Quand je vois des gens, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, mais qui ne savent pas encore sur quoi, j’essaie d’entretenir cette flamme. Parce qu’il y a quelque chose en nous. Une sorte d’esprit d’aventure. »

  • Son erreur de jeune entrepreneuse

« Ma grosse erreur, c’est d’avoir été un peu trop impulsive. Je marche avec mes tripes. Et j’aurais parfois gagné à être un peu moins impulsive, un peu moins emballée. Je suis sur tellement de projets, je suis à mille à l’heure. Parfois, je devrais lever le pied et respirer. »

  • « Ne surtout pas écouter sa famille »

« C’est dramatique, surtout pour les femmes. Souvent, on se dit qu’on veut devenir entrepreneuse. Alors on le dit à sa famille, ses parents, son copain ou sa copine. Et puis les réactions… ‘’Mais tu n’y penses pas ! C’est risqué ! Et tu n’as pas l’argent ! Tu ne vas jamais y arriver ! »

Ça part d’un bon sentiment, mais ces personnes tuent dans l’œuf tout esprit d’entreprendre.

  • « S’entourer des bonnes personnes »

« C’est hyper important d’arriver à trouver des lieux qui permettent de rencontrer d’autres personnes dans le même cas [que soi, NDLR] parce que ça aura un effet très positif. Il faut se rendre dans des espaces de coworking, dans des incubateurs, il y en a plein à Bruxelles. Parce que, souvent, les personnes qui nous sont proches, à qui l’on pourrait commencer à parler de notre projet, ne sont pas notre cible. Ce n’est pas à eux que l’on veut vendre notre produit ou notre service. »

  • Tester son idée au plus vite

« Un point important est de valider le projet auprès du public cible. Il ne faut pas hésiter à tester. Ne pas hésiter non plus à poser des questions, à prendre le téléphone – et je dis ça pour la jeune génération qui a trop tendance à se planquer devant son écran. Le numérique, ce sont des outils, pas la vraie vie.