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Salvatore Adamo : « Le public m’offre l’illusion d’avoir gardé mes 20 ans »

Il est une légende vivante de la chanson belge. A 76 ans, Salvatore Adamo a toujours l’insouciance de ses 20 ans sur scène. Une seule certitude pour ce joyeux luron, il n’est jamais l’heure de se reposer, toujours celle de profiter !

Vous avez accumulé 56 ans de carrière, vendu plus de 100 millions d’albums à travers le monde, avez-vous jamais, à vos débuts, imaginé un tel parcours ?  

« Jamais ! Je n’ai même jamais osé parier sur quoi que ce soit. J’avais remarqué que lorsque je rêvais de quelque chose, cela ne se réalisait pas. Et heureusement, je n’ai jamais rêvé d’être chanteur. J’ai chanté pour le plaisir au début. Puis j’ai gagné un concours de circonstance comme on dit. C’est de cette façon que j’ai pu faire mon premier disque… qui n’a pas été un succès immédiat. J’en ai fait 5 avant de tenir mon premier tube. Et enfin, j’ai essayé de me montrer digne du coup de chance que j’avais eu. A chaque fois que je faisais un disque ou un album, j’avais conscience que cela pouvait être le dernier. Lorsque j’entamais une tournée de concerts, je me disais que c’était peut-être la dernière année. Alors une telle carrière, jamais je n’aurais pu imaginer ça. »

« On n’est vieux que lorsque le poids des souvenirs est plus lourd que le poids des projets. »

Quelles sont les grandes étapes que vous retenez de votre vie artistique ?

« J’en ai tellement qui me viennent à l’esprit. En premier, c’est le crochet radiophonique gagné au Théâtre de Mons. Pourtant, j’ai été éliminé en présélection ! Mais un membre du jury, François Chatelard, avait convaincu ses collègues qu’il fallait me repêcher. Ce soir-là, c’est le public qui jugeait. Cela a fonctionné pour mon plus grand bonheur. Je lui en suis reconnaissant à jamais. »

Faire face au public, cela signifie quoi pour vous ? 

« L’impression d’exister pleinement. J’existe par le fait de chanter. La scène pour un artiste, c’est une seconde maison. C’est là qu’il peut exercer son métier, sa passion et partager des émotions. J’aime donner le meilleur de moi-même afin que les gens puissent passer un bon moment tous ensemble. Parfois, il m’est arrivé d’avoir une angine avant un concert. J’aurais peut-être dû annuler mais c’était impossible : je ne voulais pas que les gens qui viennent me voir, se déplacent et que finalement je ne sois pas au rendez-vous. »

Vous aurez 77 ans le 1er novembre prochain. N’est-il pas temps de vous économiser ? (Rires)

« Chaque année, je me dis que je vais un peu m’économiser. Mais c’est très difficile. Ce serait me priver moi-même de plaisir. Bien évidemment, j’évite depuis quelques années de faire des concerts doublés ou triplés comme avant. Je demande un jour de relâche entre chaque tour de chant. Mais durant ces jours, j’écris des chansons. C’est plus fort que moi. »

Passé cinquante ans, avez-vous connu cette angoisse de manquer de projets ?

« C’est drôle mais personnellement, le passage qui m’a le plus marqué, c’est le passage de 29 ans à 30 ans. Je me suis dit d’un coup : ‘’tiens, maintenant tu vas devoir être adulte’’. Mais à 50 ans, je me suis laissé emporter par la vague parce que mon métier est une passion et que je me sentais encore jeune. J’avais toujours des projets. J’ai cette chance d’être dans un milieu qui permet de garder l’esprit jeune. Je dirais même de garder un peu d’enfance. A 50 ans, on a encore des rêves. Aujourd’hui, à mon âge, je commence à mettre quelques bémols mais j’ai toujours et encore des rêves. Vous savez, on n’est vieux que lorsque le poids des souvenirs est plus lourd que le poids des projets. Je suis toujours dans une énergie et une jeunesse d’esprit avec tous mes projets de tournées et d’albums. Je touche du bois en le disant car cela peut disparaître du jour au lendemain. »

« Le passage des 30 ans a été plus marquant que celui des 50. Je me suis dit d’un coup : ‘’tiens, maintenant tu vas devoir être adulte’’. »

Toujours aussi insouciant qu’à vos 20 ans ?

« Sur scène, oui (rire). Disons que c’est l’endroit où je me lâche. Je suis un peu espiègle, cela me vient de ma jeunesse. Et puis, si j’aime surprendre les gens sur scène, j’aime aussi me surprendre. Dans la chanson ‘’20 ans’’, je dis au public que c’est lui qui m’offre l’illusion d’avoir gardé mes 20 ans. Elle touche les gens car tout le monde peut s’y identifier. »

Comment voyez-vous justement ces jeunes artistes, qui ont 20 ans aujourd’hui ?

« Aujourd’hui, un talent peut être vite découvert grâce aux nouvelles technologies. Tout va plus vite ! Avant, il y a eu des artistes très talentueux qui sont restés dans l’ombre. Ils avaient moins de chance que d’autres. Tandis que de nos jours, la technologie, qui est une fenêtre ouverte sur le monde, peut aider à vous faire remarquer, à attirer l’attention d’un producteur ou d’un responsable. »

Vous avez montré une certaine maîtrise des réseaux pendant le confinement et votre chanson « C’est ma vie » a récolté plus d’un million de vues sur Facebook ! Comment avez-vous perçu cette envolée ?

« C’est juste merveilleux. Ça m’a énormément touché. Ça m’a aidé à passer le confinement avec sérénité. Cette période de la Covid-19 doit être une prise de conscience humainement : le lien est important. Dans cette période, j’ai essayé de me rendre utile tout simplement. Les gens étaient privés de leur travail, qui est une motivation dans la vie. J’étais en empathie complète avec ceux qui attendaient de pouvoir retourner à leurs activités. »

Un vœu à formuler pour le futur ? 

« J’espère que tout le monde a ressenti le sentiment d’être plus soudés. On a vu beaucoup d’élans de solidarité. La crise sanitaire doit nous servir de leçon pour revenir à des sentiments plus humains. Nous avons tous vécu, et vivons encore, des moments difficiles, privés de la possibilité d’exprimer nos sentiments à ceux que l’on aime, de celle de les serrer dans nos bras. J’espère que nous retrouverons vite notre vie d’avant. »

Smart fact :

Si vous n’étiez pas… Salvatore Adamo, vous auriez aimé être…

« Vous savez, entre ce que j’aurais pu faire ou ce que j’aurais aimé faire, il y a une grosse différence. J’aurais pu être professeur d’anglais ou de néerlandais, j’étais assez fort dans ces deux matières. Mais j’aurais aimé embrasser le métier de chercheur. Contribuer à sauver des vies. Je trouve ça magnifique. C’est une belle vocation. »

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