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Maisons bioclimatiques : l’avenir de la construction

Dans un climat de prise de conscience par rapport à l’environnement, une nouvelle tendance architecturale se démarque : les maisons passives et bioclimatiques. Celles-ci utilisent le climat et le lieu de construction à des fins écologiques et économiques, améliorant la qualité de vie de l’occupant.

Thierry Wantens
Architecte chez 2architectes

1) Comment et quand entamer le changement vers une maison plus durable ?

« Il faut y penser dès qu’on entame des travaux dans la maison. Si on veut quelque chose de durable dans le temps, se diriger vers les maisons passives et bioclimatiques est un réflexe à avoir. Il y a beaucoup de produits sur le marché qui ne le sont pas mais qui veulent le faire croire via des publicités. L’architecte vieille à ce que cela soit réellement durable. Il est important d’envisager des travaux dans leur globalité. Beaucoup de personnes se mettent à rénover des parties de leur habitation sans penser à l’ensemble. Ils viennent nous voir après, en nous mettant devant le fait accompli, alors qu’on ne va probablement pas pouvoir garder ce qui a été fait. Les travaux, ça s’étudie et cette étape est souvent négligée. »

2) Qu’est-il important de prendre en compte avant de faire le changement ?

« Il faut tout d’abord étudier les choses avant de les faire et donc engager un professionnel avec de l’expérience et une connaissance de ce qui existe dans le domaine. L’architecte a du recul, il offre des prestations de service plutôt qu’un produit. Il a donc cette distance et cette indépendance pour conseiller au mieux les maîtres d’ouvrage. Concernant les délais, ce qui prend le plus de temps en ce moment c’est l’obtention d’un permis d’urbanisme et la réception des offres et devis d’entrepreneurs. L’étude en elle-même ne prend pas tant de temps que cela. Quand on prend toute la chaîne en compte, on doit compter aux alentours de neuf mois avant de poser des actes sur chantier. »

Voici trois postes dont il faut absolument tenir compte : l’augmentation du confort ; la réduction de la facture énergétique ; la diminution des émissions de CO2.

Stéphanie Nourricier, Plate-forme Maison passive

3) Quel retour sur investissement espérer ?

« Le retour sur investissement est double pour l’habitant. D’un point de vue énergétique, le retour sur investissement se voit sur la première facture, une maison bien isolée consomme en principe moins. On note les effets économiques dès le premier mois d’occupation. Cependant, beaucoup pensent qu’ils ne paieront plus rien dès les travaux terminés, ce qui n’est pas le cas. Le retour sur investissement se fait sur le long terme. L’autre retour sur investissement concerne les matériaux utilisés, plus sains pour la santé. Ça a un réel impact sur le confort et la qualité de vie de l’habitant. Il n’est pas question d’argent à ce moment-là. Cela permet de vivre mieux sur le long terme et immédiatement après les travaux. »

Stéphanie Nourricier
Directrice Plate-forme Maison Passive

1) Comment et quand entamer le changement vers une maison plus durable ?

« L’ampleur de la tâche en matière de rénovation énergétique des bâtiments est réelle et il devient urgent de s’y atteler sérieusement. Les freins à la rénovation sont parfois purement psychologiques, parfois d’ordre pratique. Lorsqu’on souhaite entamer une rénovation, il est vraiment préférable de demander un audit, ce qui permet de fixer l’ordre des travaux à réaliser : d’abord une enveloppe performante tant au niveau isolation qu’au niveau étanchéité à l’air. Ensuite, on se concentre sur les systèmes, qui doivent avoir une faible consommation. Cela peut nécessiter le remplacement d’une chaudière trop énergivore par exemple. Enfin, la compensation de la consommation résiduelle peut être assurée par une production de renouvelable. »

2) Qu’est-il important de prendre en compte avant de faire le changement ?

« Pour entreprendre des travaux ou des modifications importantes dans son logement, il faut penser la rénovation dans sa globalité et tenir compte des facteurs énergétiques. Il est essentiel d’intégrer une démarche d’amélioration énergétique dans tout processus de rénovation ! Voici trois postes dont il faut absolument tenir compte : l’augmentation du confort (la température intérieure moyenne des logements est plus élevée après rénovation) ; la réduction de la facture énergétique (un bon niveau de performance combine augmentation du confort et baisse de consommation) ; la diminution des émissions de CO2 (sans changement du combustible utilisé, elle est directement proportionnelle à la diminution de la consommation). »

3) Quel retour sur investissement espérer ?

« L’objectif qui suscite le plus d’appréhensions par le citoyen, à savoir la réduction de la facture énergétique, montre des résultats très encourageants. On a démontré que l’ajout « d’isolant » ou de « systèmes plus performants énergétiquement », lorsque qu’ils sont intégrés à d’un processus de rénovation global, est largement rentable avec un temps de retour de l’investissement allant de 7 à 15 ans selon les cas. PMP a développé en partenariat avec Bruxelles Environnement une brochure qui aide à y voir plus clair en mettant en avant l’intérêt économique et environnemental de cette démarche (sortie d’ici fin 2020). »

Jean-François Jacques
Responsable Régie Foncière Commune de Watermael-Boitsfort

1) Comment et quand entamer le changement vers une maison plus durable ?

« Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises opportunités pour faire ce changement. On met en place les travaux quand une maison se libère la plupart du temps, vu qu’on a beaucoup de logements en location. On pose un diagnostic en prenant en compte toutes les contraintes qui nous sont imposées. Les changements prennent toujours un peu plus de temps puisque nous sommes une institution publique. En moyenne, cela prend dans les six mois pour tout mettre en place. Tout dépend des travaux qu’il y a à faire dans l’habitation. Certaines ne devront pas trop être retouchées car il y a déjà la présence de double vitrage ou parce que ce sont des habitations remarquables alors que pour d’autres il y a presque tout qui est à refaire. »

2) Qu’est-il important de prendre en compte avant de faire le changement ?

« La dimension environnementale est à prendre en compte. On essaye de choisir des matériaux qui sont plus écologiques. Il faut aussi tenir compte de la situation du bâtiment car ils ont tous leurs particularités. Nous n’avons donc pas de schéma reproductible à chaque fois. On ne va jamais tout démolir pour reconstruire donc on essaye que ce soit une intervention minimum, la plus facile à mettre en place sans gros bouleversement. Les locataires sont très enclins à passer au passif mais malheureusement ils n’ont pas toujours le bagage pour comprendre tout ce qu’ils ont entre les mains. On essaye donc de faire des fiches techniques pour leur permettre d’en savoir plus et d’avoir les outils pour faire les rénovations quand c’est nécessaire. »

3) Quel retour sur investissement espérer ?

« L’investissement principal est écologique. Nous nous dirigeons toujours vers le durable et l’environnemental. Nous avons plus ou moins estimé qu’il y avait un gain de presque 30 % sur la consommation. La rentabilité de notre point de vue se trouve dans les subsides que nous recevons en construisant des maisons passives. Lorsqu’on on ne paye pas 60 % de la construction du bâtiment, on peut investir cela dans d’autres constructions. À vrai dire, nous n’avons pas de réel retour sur investissement au final. Le comportement des locataires joue aussi beaucoup. Ce n’est pas parce que des mécanismes sont mis en place pour sauvegarder de l’énergie qu’on doit laisser toutes les lumières allumées toute la journée, cela n’a pas de sens. »

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