La maison intelligente offre bien des avantages, au premier rang desquels on retrouve la sécurité de ses habitants. Des technologies fonctionnelles peuvent prévenir les tentatives d’effraction, mais aussi les risques de chute et les tentatives de piratage.

La domotique, soit l’automatisation d’une habitation via l’enclenchement de systèmes électriques, offre plusieurs grandes applications. Cela va du simple confort, à l’amélioration de la communication, en passant par l’optimisation de sa consommation d’énergie. Et puis, bien sûr, il y a la sécurité de l’habitation. Mais de quoi parle-t-on lorsqu’on associe « domotique » et « sécurité » ?

Vols et effractions

Tout d’abord, on parle de la diminution des risques d’effraction, pour laquelle la demande, elle, ne diminue pas. « Je dirais que 70 à 80 % de mes clients souhaitent l’intégration d’un système d’alarme », annonce à ce propos Basil Putzeis, architecte spécialisé en domotique et fondateur d’AVarchitects. « Le grand classique, c’est la détection de mouvements, extérieur et intérieur. On intègre l’alarme au système domotique et selon le scénario programmé, elle s’active ou non. A partir de là, on peut aussi imaginer de faire clignoter les lampes, allumer la musique très fort, ou faire passer un message dans les haut-parleurs. »

 « Je dirais que 70 à 80 % de mes clients souhaitent l’intégration d’un système d’alarme. »

Basil Putzeis, AVarchitects

Des capteurs multifonctionnels

Mais le succès de ce genre d’application ne s’explique pas que par un sentiment d’insécurité croissant. « En domotique, il ne faut jamais oublier qu’un outil est multifonctionnel », explique Christian Delhaise, gérant de la société spécialisée en domotique DCE. « Autrement dit, les détecteurs de mouvement installés pour gérer l’éclairage et le chauffage ou les capteurs mis aux fenêtres peuvent être paramétré en capteur d’intrusion. Si une fenêtre n’est pas fermée, ces capteurs peuvent aussi bien réguler le chauffage dans une pièce que prévenir l’occupant ou signaler une intrusion. »

Demande émergente d’aide à la personne

Ensuite il y a la sécurité liée aux déplacements des personnes au sein même de la maison. Une problématique qui suscite apparemment peu de demandes actuellement, mais qui pourrait émerger dans les années à venir avec le vieillissement de la population. « Ici, on va plutôt parler de commandes vocales », explique Christian Delhaise. « Une personne à mobilité réduite ou une personne âgée est dépendante de son environnement. Des technologies de reconnaissance vocale permettent une interaction avec la maison. Une personne qui ferait un malaise ou une chute peut ainsi lui commander d’appeler un proche, ou d’ouvrir une fenêtre pour avoir plus d’air. » Aujourd’hui, il est également possible de placer des capteurs sur les fauteuils roulants. « Ainsi, en cas de chute, on génère une alarme par onde radio. »

Cybersécurité et KNX Secure

Enfin, parler de sécurité et de domotique, c’est aussi parler des problèmes de piratage.  « En fait, c’est même ce qui inquiète le plus les gens actuellement », signale Basil Putzeis. « Certains se disent : “si je fais une maison technologique, on peut la hacker”. Du coup, les industriels ont mis des choses en place, comme la norme KNX Secure. Il s’agit d’une catégorie de produits qui cryptent les données, entre participants au sein même du système domotique d’une maison, mais aussi entre ce système et l’extérieur. » Et la sécurisation peut aller plus loin : « les industriels commencent à travailler beaucoup en cloud. Concrètement, pour beaucoup de produits, la configuration ne se fait plus localement chez le client, mais sur des serveurs se trouvant chez le fabricant. » Un système qui, non seulement, éclate les risques, mais offrirait aussi plus de confort à l’utilisateur, grâce à une programmation à distance, et à la possibilité de récupérer les données même s’il doit changer d’installateur.

Pas de doutes, la domotique a plus à offrir en matière de sécurité qu’on ne pourrait l’imaginer…