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Jamais seul face à la crise

Coiffeurs, bouchers ou encore épiciers, les petits indépendants représentent près de 95 % des entreprises actives du pays. Essentiels à l’économie nationale, ce sont pourtant eux qui ont le plus souffert, et souffrent encore, des effets dévastateurs du Covid-19.

Pour les aider, plusieurs organismes ont déployés, à côté des mesures adoptées par les pouvoirs publics, des programmes d’accompagnement et de conseil spécialement adaptés aux besoins des microentreprises. Parmi eux, MicroStart, première institution de microfinance en Belgique, a élaboré un Plan de relance en trois phases : une phase d’urgence, prévue d’avril à mai 2020 ; une phase de relance, de juin à septembre 2020 ; et une phase de croissance, d’octobre 2020 à juin 2021.

Droit à l’essentiel

« Dès le début de la crise, nous avons mis en place des mesures d’urgence vouées à soutenir les starters et micro-entrepreneurs », déclare Emmanuel Legras, CEO de MicroStart. « Une aide financière d’abord, capable de couvrir leurs besoins en trésorerie et en liquidités immédiats. »

Un prêt de 2.000 € sans garantie, complété par un prêt d’honneur de 1.000€ (prêt à 0 %) lui-même assorti d’un différé de remboursement jusqu’à 24 mois. « A côté de cela, nous avons ouvert une hotline téléphonique destinée à fournir gratuitement des conseils et des informations aux entrepreneurs, clients ou non de MicroStart. » Des renseignements relatifs aux solutions proposées par l’organisme de microcrédit lui-même, mais aussi concernant les mesures prises au fil des jours par les autorités, dans les trois Régions. « Les deux premiers mois de confinement, nous avons traité plus de 4.000 appels entrants. »

Un suivi personnalisé

Afin de pallier les risques liés au manque d’information, l’organisme a également organisé un suivi de son portefeuille clients. « Nous avons appelé tous nos clients afin de faire le point avec eux sur leur activité, le remboursement de leur microcrédit et pour leur prodiguer des conseils », explique Emmanuel Legras.

« Pour deux millions de prêt d’honneur, c’est huit millions de microcrédits qui seront injectés dans l’économie belge, d’ici la fin de notre plan de relance. »

« Pour les 80 % de personnes que nous sommes parvenues à joindre, il a systématiquement été proposé un report d’échéance. Donc, comme les banques, alors que nous ne disposons pas du statut bancaire et que nous ne bénéficions pas, de ce fait, des mêmes garanties que celles offertes par l’Etat fédéral aux organismes bancaires, nous avons décidé d’apporter notre soutien à la trésorerie des petits indépendants via un report systématique d’échéance. Plus de 50 % de notre portefeuille client a bénéficié de ce report, une offre qui était valable jusqu’au mois de juillet. »

Avancer coûte que coûte

L’urgence parée, les micro-entrepreneurs ont désormais besoin d’aide pour se préparer à la reprise de leur activité afin d’assurer la continuité de leur entreprise. Et tous n’ont pas forcément accès aux crédits bancaires ou à l’accompagnement de consultants. C’est la deuxième phase du projet de l’organisme de microcrédit, intitulée « phase de relance », qui a opté pour un soutien financier sous forme d’un prêt de 12.000 €, complété par un prêt d’honneur de 3.000 €. « A côté de ce soutien, nous poursuivons bien entendu toujours nos services de coaching individuel, de webinaires informatifs et de formations en ligne, accessibles à tous les micro-entrepreneurs, clients ou non. » Un aspect essentiel alors que cette situation inédite court toujours. 

Pour aller plus loin

A partir du 1er octobre enfin, débutera la troisième phase du projet, orientée « croissance d’entreprise ». « Dès ce moment, nous allons pouvoir prêter aux micro-entrepreneurs jusqu’à 20.000 € de crédit, un montant complété automatiquement par un prêt d’honneur de 5.000 €, aux conditions habituelles. » Une période clé durant laquelle MicroStart lancera aussi une nouvelle méthodologie de coaching auprès de ses clients. « Un coaching intensif personnalisé et gratuit d’une durée de 3 mois, renouvelable une fois », renseigne Emmanuel Legras. « Une fois par semaine, l’entrepreneur rencontrera l’un de nos experts pour faire le point sur son activité et obtenir des conseils et un appui dans le déploiement de ses activités. » 

Au final, jusque juin 2021, ce sont plus de deux millions d’euros qui seront mobilisés en faveur du plan de relance de MicroStart. « A ce jour, nous avons déjà couvert plus de 60% de nos besoins grâce au soutien de nos partenaires financiers », souligne le directeur de l’organisme de microfinancement, réjoui de pouvoir satisfaire les besoins de l’entrepreneuriat dit populaire, quotidien, indispensable à l’économie d’un pays. « Pour deux millions de prêt d’honneur, c’est huit millions de microcrédits qui seront injectés dans l’économie belge, d’ici la fin de notre plan de relance. »

À PROPOS DE 


Composé d’un réseau de 5 agences (à Bruxelles, Gand, Anvers, Charleroi et Liège), de 40 collaborateurs et de 150 bénévoles, MicroStart permet à tout porteur de projet ou indépendant n’ayant pas accès au crédit bancaire classique de bénéficier d’un financement (jusqu’à 25.000 €) pour créer ou développer son entreprise. Depuis sa création en 2011, MicroStart représente 70 % des activités de microfinance en Belgique et a financé plus de 5.500 entrepreneurs, accompagné ou formé 9.000 entrepreneurs, et injecté dans l’économie nationale 40 millions d’euros sous forme de microcrédits. 

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