Étudiants en « entrepreneuriat », CEO ou employés impliqués dans leur entreprise, l’apprentissage s’impose pour s’adapter, innover, réussir. Apprendre est un état d’esprit, qui… s’apprend, expliquent nos deux experts. Et même l’échec a ses vertus formatrices.

« Aujourd’hui, la seule constante c’est le changement ! », sourit Wilfried Niessen, doyen et directeur de HEC Liège. « Tout va très vite et l’être humain déteste ça. Raison pour laquelle, l’apprentissage est devenu plus que jamais central pour préparer les entrepreneurs de demain mais aussi aider ceux d’aujourd’hui. Entreprendre, cela s’accompagne et cela se stimule pour installer un état d’esprit. » Dans cette optique, les programmes de l’Ecole de gestion et d’économie de l’Université de Liège recèlent une belle panoplie de formations. Immédiatement associé(e)s à la gestion des organismes d’intérêt collectif de HEC (accueil, cafétéria, sports, centrale des cours et leur intendance), les étudiant(e)s vivront aussi des cours de « simulation », des jeux de rôle d’entrepreneur en concurrence avec d’autres équipes.

Mixer la théorie et la pratique

L’expérience se forge également en modules « cours-entreprise ». « Nous proposons un Master en alternance en ventes et une formation spéciale “intrapreneuriat”. Grâce à celle-ci, l’étudiant passe l’essentiel de son temps en entreprise et quelques semaines en cours pendant les deux dernières années et il réalise un mémoire-projet », détaille le directeur de HEC. « Nous avons aussi créé un statut d’étudiant-entrepreneur et un “Venture Lab” qui facilite la vie de l’étudiant déjà désireux de créer son entreprise pendant ses études. Le Lab accompagne les étudiants pour passer de l’idée d’entreprise à sa concrétisation. ».  Les gens déjà dans la vie active ne sont pas en reste puisque HEC a aussi créé un MBA en alternance.

” Leçon principale : un entrepreneur doit pouvoir vivre avec l’échec.”

Wilfried Niessen HEC Liège

Solide fil rouge entre toutes ces formations : la consécration d’un apprentissage fondé sur le mix intelligent entre théorie et expérience pratique comme clé de l’entrepreneuriat. Avec effet persistant bien au-delà des études. Sebastian Matoso en est un expert. Fondateur et Innovation Coach de MION, lui et son équipe aident des sociétés (Luminus, BNP, Acerta, KBC, des entreprises pharma, etc) à amener de nouveaux produits et services sur le marché. Cela passe par le coaching en innovation de l’équipe mandatée au sein de l’entreprise pour développer le projet et explorer un nouveau marché.

L’échec est une expérience formatrice

« Il faut partir chaque fois d’une page blanche et arriver à un produit qui peut fonctionner. Toute cette activité, ce n’est en somme que de l’apprentissage », analyse Sebastian Matoso. « On apprend aux équipes à apprendre à comment faire. Mais surtout à apprendre des autres et des échecs, à envisager comme une notion positive. L’analyse des plantages permet souvent de trouver la solution. En débriefant et verbalisant, comme dans les “Fuck Up Night” [soirée où des entrepreneurs viennent raconter leurs ratages, ndlr.], on explique comment on a appris et grandi, comment on a dépassé la difficulté. »

Wilfried Niessen, le doyen de HEC Liège, partage cette vision de l’échec. Il est même un outil pédagogique. « La notion d’échec fait partie intégrante de nos simulations d’entreprises par les étudiants. Notre “Venture Lab” a permis depuis 2014, d’incuber les idées d’entreprises de 669 étudiants. 346 projets ont été retenus. Mais à ce jour seulement 89 entreprises ont réellement été créées. La leçon principale à en retirer est qu’un entrepreneur doit pouvoir vivre avec l’échec. »

Cela s’apprend, tout comme entreprendre. L’Innovation coach et CEO de MION : « j’ai vu des dizaines de personnes se muer en entrepreneurs. C’est la plus belle aventure, fruit d’une curiosité et d’un apprentissage permanents. Mais il y a une condition absolue à remplir : il faut faire ce qu’on dit plutôt que de simplement le dire. Oser mettre en pratique, passer à l’acte, est essentiel. Personnellement, apprendre cela a été mon propre déclic. C’est même devenu mon core business d’entrepreneur : j’adore aider les CEO et leurs équipes à apprendre à passer cette frontière imaginaire entre ne pas faire et faire. »