« Bon élève », « cancre » ou encore « pipelette », les petits surnoms attribués dans les salles de classe nous semblaient déjà si loin. Après une fin d’année scolaire peu ordinaire, comment gérer la phobie scolaire, le manque de confiance et le retard d’apprentissage ? Quels outils pour les parents ?

Neuf mois plus tard, la scolarité des enfants a, enfin, repris son cours. Du mal à s’y remettre pour certains, séquelles d’un retard accumulé pour d’autres ou encore soudain désintérêt pour l’école. L’isolation sociale et l’enseignement à distance ont laissé des traces qu’il faut maintenant effacer et corriger. Dans son établissement, Séverine Simon, directrice adjointe de l’Athénée Royal d’Esneux, se prépare à relever un défi de taille. Pour accompagner les élèves à dépasser leurs peurs et appréhensions, l’école avait déjà mis en place un dispositif de soutien salué par une visite de la reine des Belges. En effet, une responsable de cellule harcèlement est présente sur place pour offrir ses conseils avisés, rassurer et aider les élèves dans leur épanouissement scolaire et personnel.

« Apprendre à travailler seul a été quelque chose de nouveau et difficile pour beaucoup d’entre eux. Certains nous ont surpris par leur discipline et d’autres, d’habitude très timides ont pu sortir de leurs coquilles. » Séverine Simon, Directrice adjointe de l’Athénée Royal, Esneux

Pourtant, aux yeux de la directrice, il est clair que la situation inédite de cette rentrée va demander un certain réajustement. « Qu’il s’agisse d’élèves studieux ou d’élèves déjà en grosse difficulté, apprendre à travailler seul a été quelque chose de nouveau et difficile pour beaucoup d’entre eux. Certains nous ont surpris par leur discipline et d’autres, d’habitude très timides en classe, ont pu, grâce à la plateforme en ligne, sortir de leurs coquilles et poser beaucoup plus de questions aux professeurs. Malgré tout, on constate qu’en général, la dynamique a été totalement chamboulée. Pour que tout se passe au mieux, il va falloir rapidement corriger le tir et être attentif aux besoins de chacun. »

Prévenir le décrochage scolaire

Si le décrochage scolaire est un phénomène que l’on retrouve partout, pour Julie Lumen, facilitatrice d’école chez Perspective Brussels, il est indispensable d’identifier les facteurs de risque, le type de décrochage scolaire et d’en connaître les différents degrés. « Du milieu social dont il est issu à la personnalité du jeune, en passant par ses fréquentations et sa famille, les facteurs de risque qui mènent au décrochage sont nombreux. Sans oublier le manque de confiance en soi, la phobie scolaire, le retard accumulé ou un soudain désintérêt pour l’école, il s’agit d’éléments pouvant mener à un décrochage passif ou actif. Pour ces deux types de décrochage, problématiques mais pas encore installés, on peut encore, avec les bonnes mesures, guider le jeune et l’accompagner. Il est important de détecter ces signaux d’alerte et ne pas laisser l’enfant basculer. »

Parmi ces mesures, la prise de contact avec la direction de l’établissement scolaire et l’appel au centre PMS le plus proche (ou CLB en Flandres), font partie des premières étapes de la prévention. « On ne le sait peut-être pas mais il y a de nombreux points d’informations disponibles pour contrer le décrochage scolaire ainsi que l’accès sur rendez-vous à des professionnels spécialisés dans ses thématiques. À Bruxelles, par exemple, les parents peuvent se tourner vers plusieurs antennes développées par Infor Jeunes. »

Accompagner l’enfant vers la réussite

Du cours de soutien pédagogique à celui de remédiation en passant par des systèmes de tutorat, les familles et établissements scolaires vont devoir travailler main dans la main afin d’offrir aux élèves une structure et un rythme d’apprentissage adaptés à leurs nouveaux besoins. « Nous sommes particulièrement attentifs à veiller à avoir une remédiation par rapport aux compétences. Le programme pédagogique des élèves et les mesures de soutien scolaire prendront encore plus leur sens cette année », explique Julie Lumen.

« Lorsque le décrochage est nouveau, on peut encore guider le jeune et l’accompagner. Mais il est important de détecter ces signaux d’alerte et ne pas laisser l’enfant basculer. » Julie Lumen, facilitatrice d’école, Perspective Brussels

En encourageant la communication et le dialogue entre parents, professeurs et élèves, Séverine Simon espère pouvoir définir un cadre nécessaire au succès de ses élèves. « Avoir cette cohésion entre toutes les parties impliquées sera un des atouts numéro un pour les aider à surmonter leurs difficultés scolaires. »