Comment exploiter notre environnement de travail comme levier de la stratégie et culture d’entreprise ? La crise actuelle nous contraint à une profonde réflexion, déclare Anton Maes, du bureau-conseil Brainmove.

 

Anton Maes, Fondateur Brainmove

 

«Le bureau » a longtemps été purement fonctionnel, avec des postes de travail et salles de réunion parfaitement interchangeables dans presque toutes les entreprises. Chez Brainmove, on constate un revirement ces dernières années. Brainmove accompagne les entreprises dans la « nouvelle façon de travailler » et assure le changemanagement inhérent. « Car il ne s’agit pas de réaménager ou repeindre des locaux », explique Anton Maes, fondateur.

Processus primaires

« Les entreprises y adhérant doivent impérativement repenser leurs processus primaires », dit-il. « Que faisons-nous exactement ici ? Comment ? Comment le lieu de travail peut-il soutenir nos objectifs ? Quel est notamment le rapport collaboration-travail de concentration ? Quel est l’impact du télétravail accru sur notre surface de bureaux ? Ces questions guideront nos besoins en lieu de travail. »

Avant, les travailleurs étaient réunis dans une grande pièce pour clôturer des dossiers toute la journée, type de tâches ayant presque disparu avec l’automatisation. En outre, un nombre croissant de travailleurs pratiquent le télétravail. « Le coronavirus a renforcé la situation », estime Anton Maes. « Les employeurs s’interrogent sur l’utilité d’un grand immeuble de bureaux et attendent des travailleurs qu’ils s’y rendent surtout pour travailler sur des projets et innover. »

“À l’avenir, nous travaillerons (encore) beaucoup plus par projets, peut-être pour différents clients. Au bureau, dans un espace de coworking et à domicile.”

Nouvel environnement de bureau

Cette évolution est renforcée par les nouvelles générations arrivant dans les entreprises. Elles peuvent travailler de façon entièrement numérique, tout gérer par écran, sans jamais rien imprimer. Elles sont familiarisées avec les vidéoconférences. Ce n’est pas pour autant la fin de l’environnement de bureau classique, souligne Anton Maes. « À l’avenir, nous travaillerons (encore) beaucoup plus par projets, peut-être pour différents clients. Au bureau, dans un espace de coworking et à domicile.

Mais je ne crois pas au télétravail à 100 %. Il y a un juste milieu. Les personnes ne venant jamais au bureau ont moins d’interactions, d’esprit d’équipe et d’accès à des informations de qualité. C’est par exemple souvent à la machine à café entre collègues qu’on trouve une solution à un problème, en discutant spontanément. Les outils numériques ne peuvent toujours pas rivaliser avec cela. »

Il n’existe en outre pas de « moule » universel pour toutes les entreprises. « La salle de rédaction d’un journal, avec une interaction constante entre collègues, semble totalement différente d’un cabinet d’avocats, lieu de travail exigeant une grande discrétion et des bureaux fermés. La question est de savoir ce qui convient au processus de l’organisation. »

À propos de… 

Brainmove aide les entreprises à définir leurs besoins en lieu de travail et à introduire de nouvelles façons de travailler. Ce n’est pas une entreprise de construction ou un bureau d’architectes. L’entreprise se compose d’une équipe de psychologues organisationnels et du travail soutenant ce processus avec pragmatisme. Des entreprises tant publiques (SPF Justice, SNCB, INAMI…) que privées (DKV, BMW, Durabrik…) font déjà appel à Brainmove.