Accueil Business BIM et autres nouvelles technologies: se frayer un chemin dans la jungle

BIM et autres nouvelles technologies: se frayer un chemin dans la jungle

Texte: Louis Matagne

L’ère numérique ouvre de larges perspectives et pourrait changer drastiquement le métier de facility manager. Mais, afin d’éviter les désillusions et les dépenses inutiles, les entreprises doivent avant tout se poser les bonnes questions. 

«Ces dernières années, beaucoup de mots nouveaux font leur entrée dans le monde du facility management », annonce d’entrée Axel Tasiaux, manager chez AREMIS, une société de conseil spécialisée dans les technologies de gestion immobilière et la mise en œuvre des nouveaux environnements de travail. « On entend parler de BIM, de jumeau numérique, de smart building ou encore de maintenance anticipative. Cela confirme l’existence d’une évolution numérique importante dans le secteur. »

Building Information Modeling

Toutefois, cette évolution se traduirait actuellement par une telle émulation qu’il y a de quoi donner le tournis aux facility managers. L’apparition des logiciels de dessin – notamment le BIM, Building Information Modeling – ont changé la donne en matière de gestion des espaces, d’inventaires, de maintenance ou encore de déménagements. « Ils sont devenus de plus en plus ergonomiques. Et ont offert de plus en plus de solutions, grâce à internet puis aux applications mobiles », raconte Axel Tasiaux.

Mon métier, c’est d’analyser le comportement de l’humain.
— Jean-Baptiste Jacquemin, SpaceID

Un jumeau numérique

La dernière grosse révolution est celle des données. « Ce qu’on appelle le big data, l’explosion des données, a eu un énorme impact sur le facility management ces dernières années », confirme Jean-Baptiste Jacquemin, cofondateur de la société SpaceID, spécialisée en audit des environnements de travail. « Aujourd’hui, le gestionnaire de bâtiment a des milliers de données à sa disposition assez rapidement. Des capteurs ou les équipements eux-mêmes apportent ainsi des informations sur l’occupation d’un lieu, la qualité de l’air, l’usure… »

Sans oublier les données issues du plan du bâtiment, a fortiori si c’est un « jumeau numérique » (une maquette 3D informatisée créée par le BIM), et celles disponibles sur le cloud. « Ces sources d’informations ouvrent évidemment des perspectives remarquables en matière d’automatisation et d’intelligence artificielle, avec un champ immense de solutions à développer », termine Axel Tasiaux.

Le changement des habitudes

« Mon métier, c’est d’analyser le comportement de l’humain. Et de trouver les meilleurs outils pour accompagner ce dernier dans son espace de travail », explique Jean-Baptiste Jacquemin. On touche en fait ici au vrai grand défi de notre temps pour le facility manager. Le changement des habitudes au sein des environnements de travail. « Les travailleurs sont de plus en plus nomades. Nous vivons à une époque de bureaux partagés, de télétravail et d’accès à distance. »

Cette nouvelle organisation, que les entreprises encouragent tant pour des raisons économiques, que de bien-être au travail et d’attractivité, nécessiteront évidement de nouvelles connaissances. « L’idée pour une société, c’est de pouvoir mesurer, comprendre et anticiper les réalités complexes de ce nouveau type d’occupation », analyse Axel Tasiaux. « Quelle est l’occupation réelle des espaces ? Est-ce que ceux-ci ne sont pas proches d’une saturation ? Comment les occupants s’y sentent-ils ? Trouvent-ils toutes les facilités dont ils ont besoin ? »

Un progrès serein

L’acquisition éventuelle de technologies digitales et autres objets connectés devrait donc aujourd’hui être guidée par la nécessité de répondre à ces questions. « En cette période d’évolution numérique intense, je pense en tout cas que chaque entreprise, en fonction du contexte et des besoins qui lui sont propres, devrait songer à poser de bonnes bases pour ensuite avancer sereinement vers les nouveautés », analyse le manager d’AREMIS. Comprenez également : ne pas répondre trop vite aux sirènes des technologies les plus coûteuses (beaucoup de société possèdent déjà des données et des ressources qu’elles ignorent) et ne pas négliger le facteur humain.

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