Pas encore de voitures volantes, d’hélicoptères-taxis ou de drones de livraison à l’horizon. Pour l’heure, le futur de la mobilité réside dans les efforts à mettre en place en vue d’éviter les bouchons. Rien de bien folichon, mais bien le rêve de nombreux navetteurs comme de citadins.

Les automobilistes qui, tous les matins, quittent leur domicile pour se rendre à Bruxelles, Mons ou Anvers peuvent en témoigner : le trafic routier ne cesse de s’intensifier. Aux heures de pointe surtout, le temps de trajet peut facilement doubler, voire tripler. Plusieurs facteurs expliquent l’engorgement urbain. « L’une des grandes difficultés, en Belgique comme ailleurs, est que de nombreuses villes sont anciennes : leur réseau routier n’est pas adapté à l’évolution économique et démographique que connait l’agglomération », explique Dr Eric Cornelis, chargé de cours et Senior Research Associate au Groupe de Recherche sur les Transports (GRT) de l’Université de Namur. « La configuration des centres historiques englobe difficilement le trafic automobile et le trafic de marchandises lié aux commerces qui s’y sont développés. » La concentration des activités économiques en territoire urbain, notamment des bureaux, participe à amplifier la congestion. Plus encore que les activités de logistique des grands magasins, ce sont celles, simultanées, de tous les travailleurs qui encombrent les routes. « Les embouteillages sont plus nombreux en période scolaire car beaucoup de parents déposent leurs enfants à l’école sur le chemin du travail et, si une certaine flexibilité est possible au niveau des horaires du travail, elle ne l’est pas au niveau des horaires de l’école », analyse le chercheur. Parce que ces services (écoles, courses, santé etc.) sont pourtant élémentaires et nécessaires, il est urgent de se pencher sur l’aménagement du territoire et sur l’intelligence de nos moyens de transport. 

 Il n’y a pas besoin de réinventer la roue: il faut partir de ce qui existe pour le rendre plus intelligent. Paul Navez, Poull Sprl

La décongestion des routes passera nécessairement par la réduction nombres de véhicules. Or, limiter leur utilisation n’est pas si simple. Comme le souligne Benoit Godart, porte-parole de l’Institut pour la Sécurité Routière, Vias, l’extension des infrastructures liées à la mobilité douce reste la clé de la transition vers la Smart City. « On voit de plus en plus de personnes utiliser des vélos, des vélos électriques, des trottinettes, des gyropodes, des mono-roues…. Il faut continuer à promouvoir ces modes de déplacement, en leur donnant une place adéquate en ville. » Et de fait, si jusqu’à présent, les places de parking dominaient les bordures de routes, c’est de moins en moins le cas, ce qui pourrait avoir un impact sur l’usage de la voiture en ville pour l’expert de Vias. « Savoir que l’on va trouver une place de parking incite à prendre le volant. À partir du moment où l’on doit chercher une place, on hésite à utiliser sa voiture. » Mais le point d’orgue reste l’amélioration du réseau des transports en commun selon lui. « Plus ils seront performants et accessibles, plus les gens auront envie de les prendre, ce qui n’est pas encore nécessairement le cas aujourd’hui. » En cela, la technologie peut aider. Pour le consultant en développement de territoire intelligent (Sprl Poull), Paul Navez, « il n’y a pas besoin de réinventer la roue : il faut partir de ce qui existe pour le rendre plus intelligent. Un exemple concret serait les app de transports en commun, qui permettent de connaître en temps réel le prochain passage du bus, grâce à un tracking GPS réalisé via des équipements connectés, des IOT. » 

Il est pourtant des cas où le recours à la voiture est inévitable. Quelques solutions permettent malgré tout d’améliorer la situation. Le covoiturage, par exemple, qui voit fleurir des bandes de circulation dédiée à cette pratique. La location de véhicules, notamment électriques, et le free-floating (voitures en libre-service à travers la ville, disponibles à tout moment) sont également des pistes explorées par les collectivités pour réduire la présence automobile. Ecoconso ASBL estime qu’une seule voiture partagée pourrait remplacer jusqu’à 15 voitures individuelles !