Au niveau mondial, l’intensification des flux de matières et des besoins énergétiques combinée au modèle économique actuel sont autant de facteurs dégradant l’environnement à plusieurs échelles : épuisement des ressources, changements climatiques ou encore dégradation des conditions de vie dans les métropoles. Quelle réponse ?

L’économie circulaire en est une, notamment proposée par les autorités européennes, pour faire face à ces diverses problématiques. La circularité est un moyen de prendre du recul sur les modes d’actions linéaires traditionnels. L’objectif est avant tout d’assurer la préservation de la biosphère dans le but de maintenir la sécurité en termes de quantité de ressources et d’énergie pour les générations futures. Cette possibilité n’est envisageable qu’en optimisant le cycle de vie de nos ressources et en régulant leur consommation. Elle repose sur des notions fondamentales comme l’éco-conception, les circuits courts, la symbiose entrepreneuriale, la logistique inverse, la réparation, la réutilisation etc. 

Dans ce contexte, la ville a une place prépondérante et peut être considérée comme un gisement de ressources énergétiques et matérielles à valoriser. En partant de ce principe, la circularité s’intégrerait dans les entreprises et commerces, favorisant l’économie locale. Au-delà des centres d’affaires et des cités administratives, une partie des cités continuerait à s’orienter vers des activités efficientes consommant des matières nouvelles et des matières, autrefois déchets. La symbiose entrepreneuriale fonderait une partie des activités économiques de la cité. Les déchets de l’un serviraient aux activités de l’autre : le marc de café fournirait le substrat à la production de champignons, les drèches de brasserie deviendront des biscuits apéritifs, les déchets de bois des meubles design, des textiles vêtements de seconde main ou pièce unique etc.  

La ville devra être considérée comme un gisement de ressources énergétiques et matérielles à valoriser.

Les obligations de tri des déchets et leur récupération engendreraient de nouveaux flux de matières sur le marché. Les repair-cafés prendraient une place importante, boostés par la production de pièces de rechange manufacturées par des ateliers urbains de production en impression 3D. La tendance zéro déchets progresserait dans les commerces de détail. L’économie de service de location de biens et de services allongerait le cycle de vie des produits. Les centre de recyclage et de valorisation approvisionneraient les centres urbains depuis leur périphérie et boucleraient le cercle. Les recherches scientifiques pourraient proposer des procédés innovants de recyclage pour les plastiques, le verre, les métaux ou le papier-carton.

Les villes auraient un fonctionnement circulaire, pérenne, local et résilient. Utopie ou rêve à accomplir ? À dans 10 ans pour le découvrir.

 

 Jean-Yves Marion

Jean-Yves MARION,
Conseiller Environnement, Economie circulaire, UCM