Petite taille et grande diversité, la Belgique séduit chaque année un nombre croissant de visiteurs. Et cet été pourrait être l’occasion de la redécouvrir, en long, en large et travers. Zoom sur la situation touristique de chacune des trois Régions de notre pays.

PATRICK BONTINCK.

Patrick Bontinck
© visit.brussels – Eric Danhier – 2017

CEO de Visit.Brussels

Comment voyez-vous le tourisme évoluer dans votre Région?
« Indépendamment de la crise, l’objectif fixé 10 ans plus tôt pour 2020 était de doubler la fréquentation touristique tout en positionnant Bruxelles comme une destination d’affaires autant que de loisir. Avant, nous enregistrions 75 % de tourisme d’affaires et 25 % de loisir. Depuis 2018, nous sommes à 50-50. Ce qui nous importe maintenant, c’est le développement durable, qui passera par la répartition du tourisme dans l’ensemble des 19 communes de la Région. On veut à tout prix éviter le développement de l’hypercentre au détriment des autres communes, une situation récurrente dans les villes. »

Comment votre organisation valorise-t-elle la Région ?
« Bruxelles est la ville la plus cosmopolite d’Europe et la deuxième du monde. On est devenu un vrai laboratoire de cette multiculturalité qui, en soi, est une véritable richesse. Le poids de l’Europe, et des organisations internationales présentes, le fait qu’on ait ici le plus grand nombre de journalistes internationaux après Washington, tout cela fait de Bruxelles une ville importante au niveau international alors qu’avec 1.2 million d’habitants (Région), C’est une ville de petite taille. Cette diversité et ce côté où, finalement, tout le monde se sent ici un peu chez soi, est quelque chose que l’on met de plus en plus en avant. On commence à avoir une vraie réputation mondiale à ce niveau-là. »

Quel est votre endroit préféré dans votre Région, et pourquoi ?
« Ce que j’aime à Bruxelles, c’est sa grande diversité. C’est aller dans le quartier européen et entendre parler toutes les langues, prendre le métro et passer à une autre ambiance. Bruxelles s’est construite autour de quartiers aux identités individuelles très fortes. Pour cette raison, la ville ne parait pas toujours très cohérente. Mais la cohabitation se passe bien. La diversité fonctionne quand elle est bien vécue par les gens. Au-delà de la promotion touristique, Bruxelles a aussi cette capacité de promouvoir un certain modèle de société qui est peut-être nécessaire à l’heure actuelle en Europe quand on voit certains replis identitaires. Bruxelles en est loin et on en est assez fiers. »

PIERRE COENEGRACHTS.
Directeur général adjoint de Wallonie Belgique Tourisme

Comment voyez-vous le tourisme évoluer dans votre Région?
« Le tourisme wallon est en courbe ascendante. Près de 80 % de nos visiteurs viennent des régions limi- trophes à la Wallonie, de Flandre bien sûr, mais aussi des Pays-Bas. Les belges ont l’habitude de voyager 1 à 2 fois par an vers des destinations exotiques (juillet, Noël), mais aussi de s’accorder de petits loisirs durant les vacances de Toussaint, de Carnaval, de Pâques… Ces périodes-ci sont intéressantes pour nous car, en général, on ne passe que quelques jours en Wallonie. Dans un gîte par exemple, our des activités de tourisme de plein air. On est une destination idéale : proche de tout et loin de rien. »

Comment votre organisation valorise-t-elle la Région ?
« Nous disposons d’une dizaine de bureaux à l’étranger (Allemagne, France, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays de l’Est et même Chine) qui assurent notre promotion auprès du grand public à travers des évènements et des partenariats médias. Nous faisons aussi en sorte que notre destination se trouve dans les catalogues des tours opérateurs et autocaristes. Sans oublier le tourisme d’affaires. Beaucoup d’entreprises cherchent à organiser des séminaires ouverts, avec une partie travail au sein d’un site professionnel et une activité dans un site naturel. Nous avons dans nos Ardennes une offre originale, insolite et variée qui répond à ces demandes. »

Quel est votre endroit préféré dans votre Région, et pourquoi ?
« Nous avons, en Wallonie, des villes vivantes et va- riées. Ce ne sont pas des grandes villes d’art au même titre que Bruges ou Gand par exemple, mais elles proposent toutes sortes de loisirs, aussi bien actifs que culturels. Si j’aime beaucoup ma ville, Liège, je reconnais avoir un faible pour Spa. Spa, c’est la nature, c’est l’eau, mais pas que. Ce sont les évènements culturels comme les Francofolies, les évènements sportifs avec le circuit de Spa-Francorchamps. C’est le carnaval de Stavelot, juste à côté. Et puis Spa est un mot que l’on utilise partout dans le monde pour désigner les centres de bien-être. Sans même savoir que ce mot vient de la ville de Spa, la mère de tous les spas. »

 

PETER DE WILDE.
CEO de Toerisme Vlaanderen

Comment voyez-vous le tourisme évoluer dans votre Région?
« Nous observons une croissance constante du tourisme. En 2030, nos capacités devraient avoir doublé par rapport à 2018. On observe déjà, en temps normal, une certaine pression sur l’espace public, Bruges par exemple. Il est désormais important d’instaurer un équilibre entre les attentes des habitants et celles des touristes. Avant, on privilégiait l’économie: plus de croissance, plus de touristes… On souhaite aujourd’hui se concentrer sur le touriste intéressé par la culture, par notre histoire, notre patrimoine, mais aussi par la bonne vie, à savoir une bonne table et une façon de vivre relaxante. »

Comment votre organisation valorise-t-elle la Région ?
« Toerisme Vlaanderen est un peu exceptionnel sur ce point. Nous nous occupons non seulement de la promotion mais aussi de l’investissement. Nous disposons en effet de fonds pour investir dans la destination elle-même. S’il nous faut un nouveau centre de visiteurs dans une ville ou dans un musée par exemple, nous avons les moyens de le financer. Mais nous prenons toujours en compte les attentes du visiteur : le niveau de qualité et le type d’expériences recherchés. Nous n’investissons pas dans ce que le visiteur n’attend pas ou ne veut pas, et surtout nous ne promouvons que la qualité. Deux facettes d’une même ambition mais qui tiennent debout ensemble. »

Quel est votre endroit préféré dans votre Région, et pourquoi ?
« Mon endroit préféré est Bazel, un petit village près d’Anvers. C’est le village où je suis né et où j’habite. Un village historique dans une ambiance verte, sacré l’un des plus beaux villages de Flandre en 2006. Je l’apprécie pour sa tranquillité. Dans notre secteur, le tourisme, la plupart des rencontres (congrès, meeting) se font dans les grandes villes: Londres, Paris, Berlin, Milan… Etre chez moi, dans mon village, m’apporte une vraie tranquillité mentale. J’ai quitté Bazel pendant la durée de mes études à Anvers et Louvain et, par la suite, j’ai vécu 10 ans à Anvers. Je suis revenu dans mon village natal en 2014 et je ne compte plus le quitter. »