Il y aura un avant et un après Covid-19, cette crise révélant l’indispensable réflexion à avoir sur le modèle de société que nous désirons. Nous le savons, demain nous devrons agir pour que les enseignements de cette crise génèrent des changements structurels.

Depuis plusieurs mois, nous sommes confrontés à une situation d’urgence qui requiert des décisions rapides, imparfaites sans doute mais nécessaires, pour répondre au mieux aux multiples effets de la pandémie dans un contexte émotionnel lourd où chaque matin nous subissons le choc de l’annonce du nombre de décès.

Mais d’ores et déjà, cette crise nous rappelle combien notre Sécurité sociale est précieuse pour faire face et garder le cap ! Une évidence qu’il convient de rappeler à certains qui perçoivent notre protection sociale comme une charge, là où elle est, de toute évidence, un atout.

Cette crise nous rappelle combien notre Sécurité sociale est précieuse.

Cette crise relate aussi l’extraordinaire mobilisation des acteurs de la santé. Nous devons saluer le professionnalisme et l’engagement sans faille de tous les intervenants du monde socio-sanitaire, majeurs pour la gestion de cette crise. Il conviendra, une fois revenue la sérénité, de revoir et renforcer fondamentalement notre système de soins de santé, de veiller définitivement à ce qu’il ne soit pas considéré comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Plus qu’hier encore, notre préoccupation centrale doit être de pouvoir offrir des soins de qualité et de proximité pour tous. Pour ce faire, nous devons travailler à l’augmentation des moyens dédiés aux soins de santé, résoudre la problématique du numérus clausus, lever les quotas de médecins généralistes mais aussi revaloriser les statuts du personnel de soin.

Ce tsunami planétaire nous conforte dans le fait que nous devons être à tout moment en capacité d’offrir un continuum de soins et de services socio-sanitaires de qualité. La structuration des réseaux hospitaliers est, à cet égard, déjà une réponse adéquate à la nécessité de mieux coordonner les partenariats entre institutions hospitalières. Dans le feu de l’action, les hôpitaux ont pratiqué la solidarité dans la prise en charge des patients et l’échange d’expériences. Je souhaite aller plus loin et y associer les autres secteurs comme ceux dédiés à nos aînés. La crise actuelle prouve à bien des égards que la politique du vieillissement doit être repensée. Cette réflexion, amorcée avant la crise, devra rapidement se concrétiser pour faire du maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie une priorité et offrir des alternatives innovantes à l’hébergement collectif.

Cette terrible crise engendrera encore bien des appréhensions légitimes de la part des citoyens. À ceux-ci, nous devons assurer que la santé ne se brade pas.

 

 

Christie Morreale, Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes