Les activités liées à la supply chain ont le vent en poupe. Et le marché de l’emploi regorge d’offres pour en garnir les maillons. Les formations en la matière représentent donc un passeport quasiment direct vers le marché de l’emploi. Et, bonne nouvelle, il y a encore de la place sur les bancs des écoles !

Pour commencer, tout d’abord, un peu de sémantique. Car le langage courant confond souvent « supply chain » et « simple logistique », ce qui entraine des confusions au niveau des formations et, donc, des opportunités possibles. « La “supply chain” brasse plus large que la “logistique”. Puisqu’elle couvre toutes les activités de l’entreprise dans le cadre de ses flux », indique Bernard Piette, General Manager de Logistics in Wallonia, dont la stratégie vise justement à optimiser les moyens humains et technologiques au service des entreprises. « Concrètement, chaque entreprise consacre de 7 à 15 % de ses ressources à ses flux. Malheureusement, les entrepreneurs ne tiennent pas assez compte de ces chiffres. » Pour notre interlocuteur, la solution tient en deux volets : sensibilisation et formation!

Il continue: « Quand je parle à des jeunes de supply chain en leur demandant à quelle image ils lient ce concept, c’est généralement le camion, qui pollue et crée des embouteillages, qui leur vient en premier lieu à l’esprit. Alors que c’est évidemment bien plus large que cela. Preuve de la nécessité de sensibiliser aux différents aspects des métiers de la supply chain. Vient ensuite l’aspect formation. Où nous sommes dans la situation assez paradoxale qu’il y a assez de places dans les programmes spécialisés, et que la supply chain est un secteur qui embauche… Mais que nous manquons d’étudiants! Alors que, je le répète, une formation réussie dans le domaine représente presque un passeport direct pour l’emploi! Nous nous sommes récemment penchés sur ce que représentaient les offres d’emploi, ne fut-ce que dans des fonctions logistiques uniquement, dans l’espace francophone belge. Et nous avons constaté que 75 % de ces fonctions étaient liées à d’autres secteurs que dans la pure logistique. Comme l’agro-alimentaire ou les services publics. Cela montre bien que le secteur de la supply chain est large et embauche dans des registres très variés. Je résume souvent en disant que la supply chain n’est autre que le véritable système sanguin de notre économie.»

Concrètement, chaque entreprise consacre de 7 à 15 % de ses ressources à ses flux.
Bernard Piette, Logistics in Wallonia

Mais la petite Belgique est-elle le seul pays à la traine dans la formation à la supply chain ? Sans doute pas, mais d’autres sont en avance. Il suffit de regarder chez nos voisins hollandais. « Non seulement, les Pays-Bas possèdent plus de formations universitaires en la matière, et qui dit université dit davantage de crédibilité. Mais, en plus, ce peuple a connu une longue tradition de commerce international, et possède donc une large connaissance en la matière.

Résultat: là-bas, les métiers liés aux flux et à la supply chain ont meilleure réputation et un plus fort pouvoir d’attractivité que chez nous.»

Et cette formation est définitivement le nerf de la guerre. Car gérer les flux d’une entreprise, comme, par exemple, faire en sorte que le bon produit arrive au bon endroit, au bon moment et dans les bonnes quantités, ne s’improvise pas. C’est même essentiel pour la bonne santé d’une marque! Comme nous le confirme Thomas Danthinne, Managing Partner de l’agence Federate, qui veille et construit de bonnes images pour les marques qui lui font confiance. « Imaginez simplement une opération promotionnelle menée par une marque. Si elle fait une publicité d’envergure pour cette opération, et que les clients ne trouvent pas le produit dans les rayons, je vous laisse imaginer la déception et le “bad buzz”. Voilà, concrètement, pourquoi, tous les maillons de la supply chain sont essentiels. Et que les formations sont indispensables. La supply chain ne s’improvise pas! »