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Sans consensus sur la définition d’un « leader fort », le danger est de voir ce titre accaparé par de faux leaders

Si l’impact de la crise actuelle sur notre économie se révélera sans aucun doute désastreux, la volonté de remonter la pente n’en est pourtant pas moins clairement présente. Des avantages fiscaux et des primes sont mis provisoirement à la disposition des entreprises et des entrepreneurs. Mais il en faudra davantage. De plus en plus, tant le monde du travail que la société civile lancent des appels pour un leadership fort.

Mais que signifient aujourd’hui des « leaders forts »? N’est-il pas dangereux d’invoquer un leadership fort quand on ne sait pas ce que recouvre exactement cette notion? Romina Longo, experte en management et CEO d’Youphoria (Interim Management & Consulting), nous livre le fruit de ses réflexions.

Besoin d’un réel leadership: de plus en plus pressant

En cette période de crise du coronavirus, la scène politique nationale comme internationale nous a livré ces derniers temps bien des exemples de ce qu’il convient de faire et de ne pas faire en matière de gouvernance. La communication chaotique du Conseil national de sécurité ces deux dernières semaines a ranimé le débat sur le leadership de Sophie Wilmès et de son gouvernement dans notre pays.

Aussi, de plus en plus de voix s’élèvent en Belgique pour réclamer à corps et à cris un leadership fort. Or, appeler au « leadership » est dangereux quand on n’est pas en mesure de décrire, sans ambiguïté, ce que l’on en attend. Nous partons encore beaucoup trop souvent du principe qu’un tel leadership sera incarné par une figure à l’attitude inflexible et possédant des caractéristiques évidemment masculines, par une personne dégageant une autorité impassible et gouvernant d’une main de fer.

Romina Longo, CEO de Youphoria

Mais quelles sont les qualités qui font vraiment le bon leader? A mes yeux, ce leader doit être avant tout avisé, posséder une vision à long terme, être capable de se concerter et de communiquer convenablement en s’appuyant sur la sincérité de sa force de conviction. Telles sont pour moi les caractéristiques absolument indispensables de toutes les figures dirigeantes, qu’elles appartiennent au monde de l’entreprise ou au corps des responsables politiques, chargé de nous faire franchir des cols étroits au bénéfice de l’intérêt général.

Le danger de rester obstinément dans son cadre de réflexion

Un leader de stature mondiale imprévisible lâchant jour après jour ses aphorismes aux allures de slogans, qui prétend que le pic du coronavirus est déjà derrière nous, ce leader-ci n’appartient pas à la catégorie du vrai leader, fort et avisé. Quant aux dictateurs qui jurent leurs grands dieux qu’aucun cas de contamination, pas le moindre, n’est à déplorer dans leur pays, leurs chances de nomination sont tout aussi minces. Selon moi, le leadership n’est pas forcément officialisé par un titre (président ou CEO) et, pour beaucoup, il n’est pas non plus un acquis évident. Il constitue une caractéristique, une propriété qui s’acquiert et qui grandit, et qui se manifeste justement en temps de crise.

“Les leaders forts que je connais et que j’apprécie ne sont pas forcément des mâles alphas criards”

Il est trop dangereux de légitimer sa politique à partir d’éléments hautement controversés, a fortiori aujourd’hui, dans la mesure où il faut soupeser chaque décision à l’aune de tous les dangers potentiels. Il faut poser des choix toujours avisés, à rebours de nos anciens préjugés. Un leader fort ne doit gouverner qu’au nom de plus grands desseins: le bien-être de la population et des travailleurs, la relance de l’économie, la volonté d’enregistrer de bons résultats économiques dans les périodes les plus difficiles.

Nécessité d’une vision renouvelée et d’un plan mûrement réfléchi

 Il s’agit de ne se laisser figer ni par l’angoisse ou l’incertitude, ni par l’ampleur de cette crise sans précédent. Et moins encore de laisser l’inconstance nous paralyser. Les leaders doivent être flexibles, certes, mais il n’est jamais opportun de passer en peu de temps de l’autorisation de visites dans les maisons de repos à leur interdiction brutale, des fake news à une véritable pandémie. A l’opposé de l’inconstance se trouve la « vision », un must pour tout leader fort.

Les chefs d’entreprise doivent à présent se retrousser les manches, avec leur équipe, pour définir un plan d’avenir. Un exercice qui demande de la réflexion. Comment s’adapteront les entreprises dans le monde « post-corona »? Ce plan, il ne faut surtout pas l’élaborer à la va-vite, mais lui consacrer toute la sagesse nécessaire, en prenant soin de tenir compte du court terme autant que du long terme. Ce plan de relance, aucune entreprise, aucun secteur ne peut en faire l’économie. Aux responsables politiques de tracer pour nous – aussi vite que possible – une perspective via une stratégie de sortie claire et crédible.

Intelligents ensemble plutôt que seul

 La capacité d’interagir pour créer des stratégies et des plans d’action intelligents est un autre point sur lequel les dirigeants de ce monde ne sont pas à la hauteur. Les présidents ne sont pas au-dessus des connaissances des experts scientifiques, ils doivent s’astreindre à écouter avec attention leurs conseils avisés et à ne pas tout transformer en luttes de pouvoir. Les chefs d’entreprise forts ne se placent pas au-dessus de leurs travailleurs, ils se font leur porte-parole.

D’ailleurs, procéder à des échanges de points de vue et d’idées sur les recettes de la réussite après le coronavirus ne se borne pas aux connaissances d’une seule entreprise. Le networking avec d’autres parties prenantes de votre secteur n’a jamais été aussi facile qu’en cette époque numérique. Nous faisons tous face aux mêmes défis, donc #ensemblecontrecorona reste totalement d’actualité après l’épidémie.

Communiquer avec chaleur et faire preuve de reconnaissance

Il faut toujours garder à l’esprit que la distance physique induit la distance mentale. Il est donc essentiel que les travailleurs puissent continuer à se sentir partie intégrante de l’entreprise et de l’équipe. La même distance se dessine d’ailleurs entre la population et le gouvernement. La population en a soupé des mesures et, quand le gouvernement commet une bévue en communiquant de façon chaotique, la coupe est pleine et il n’y a plus rien à faire.

Les bons leaders misent sur les personnes en consacrant plus de temps à la communication positive et chaleureuse. Par exemple, nos concitoyens sont régulièrement remerciés pour leurs efforts.Au travail également, la communication ne doit pas se limiter aux seuls aspects pratiques sur la charge de travail, vous pouvez aussi organiser des apéros virtuels après les heures de travail. Il est important de continuer à se montrer sincèrement reconnaissant envers toutes celles et tous ceux qui font preuve de tant de flexibilité actuellement. Maintenir la motivation à un niveau élevé n’est pas une évidence, mais c’est le devoir des leaders forts. La motivation est d’ailleurs essentielle pour continuer à travailler, à respecter les mesures et remonter petit à petit la pente tous ensemble.

Pour résumer, les leaders forts que je connais et que j’apprécie ne sont pas forcément des mâles alphas criards. Ils établissent les limites avec prudence et sont capables de s’élever au-dessus de leur cadre de réflexion classique. Ils se perçoivent comme les parties d’un grand tout et se préoccupent de leur communication. Serait-il possible de convenir que lorsque nous demandons des leaders forts, nous parlons bien, et sans ambiguïté, de ce type de personnes?

 

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