Accueil Business Entreprendre L’entrepreneuriat : « Je ne saurais plus vivre sans cette liberté »

L’entrepreneuriat : « Je ne saurais plus vivre sans cette liberté »

Ils sont les gagnants du prix Chivas Venture. Prix qui récompense les entrepreneurs sociaux chaque année. Danaë Van den bossche (2020 – Oak Tree Projects) et Koen Van Pottelbergh (2018 – Eyes For The World) ont décidé d’évoquer avec nous leur vie d’entrepreneur au jour le jour.

Comment vivez-vous l’entrepreneuriat aujourd’hui?
Koen Van Pottelbergh: « J’ai toujours baigné dans ce monde parce que mon père était opticien indépendant. J’ai donc attrapé le virus très tôt, il y a 30 ans d’ici. J’ai suivi ses pas en tant qu’opticien, mais je me considère surtout comme un homme d’action et un créateur. Tout commence toujours avec une idée, puis cela devient un rêve et enfin la réalité prend forme. »

Danaë Van den bossche: « Pour ma part, le fait de devenir entrepreneur a apporté un changement radical mais positif dans ma vie professionnelle et privée. J’ai travaillé plusieurs années en tant qu’employée. Et je me souviens qu’à l’époque, je me sentais comme une petite vis dans une grande machine… »

Koen: « … chose que moi je ne connais pas car il n’y a jamais eu personne au-dessus de moi. J’ai toujours dû tout faire par moi-même. »

Comment vous est venu ce déclic?
Danaë : « Pour ma part, tout a démarré de ma vie privée. Il se fait que j’ai deux sœurs souffrant d’un handicap. Mon idée a été de créer, de construire des maisons dans lesquels des gens comme elles pourraient vivre indépendants, avec des espaces communs et partagés entre voisins (avec et sans handicaps), un cohousing. Mon but était d’arriver à inclure des personnes avec un handicap dans un cadre de vie tout à fait normal. »

Comment voyez-vous l’entrepreneuriat en 2020?
Koen: « Beaucoup de choses sont en train de changer par rapport au moment où j’ai commencé. Les petits indépendants doivent être de plus en plus créatifs face aux grosses chaînes présentes dans leur secteur. On doit se différencier, avoir de l’expertise et être plus humain que ces mastodontes. D’un autre côté, internet a également rebattu les cartes. Pour concurrencer son accessibilité instantanée, l’entrepreneur doit travailler plus longtemps et à des heures plus tardives. »

Danaë: « Cela va de pair avec le secteur dans lequel il est, mais l’entrepreneur est également très dépendant du gouvernement et de sa politique. Notre sort peut dépendre des solutions qui sont prises au moment où les budgets sont constitués. Il est bien entendu possible d’essayer d’être moins impacté par ces décisions, mais cela crée tout de même de l’incertitude. »

“J’ai travaillé plusieurs années en tant qu’employée. Et je me souviens qu’à l’époque, je me sentais comme une petite vis dans une grande machine.”
– Danaë Van den bossche

Comment l’entrepreneuriat est-il perçu par les gens que vous côtoyez? Comment devraient-ils le percevoir?
Danaë : « En général, je trouve que les gens ont une image un peu trop positive de l’entrepreneur. Ils imaginent les grandes voitures, les grandes maisons et pensent que l’on peut faire autant de frais que l’on veut. Mes amis, eux, se disent surtout qu’ils ne me voient jamais ou qu’il faut toujours réserver une soirée avec moi trois mois à l’avance (rires). »

Koen: « C’est exactement ça! La plupart des gens pense qu’être indépendant, c’est une vie sans souci. Mais ils oublient qu’on travaille 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. »

Danaë: « Ce sont aussi de grands risques que l’on prend car nous n’avons aucun backup pour nous aider les jours où ça va moins bien. En passant d’employée à indépendante, j’ai fait un choix. Celui d’une aventure où je gagne moins d’argent, mais dans laquelle je trouve enfin du sens… »

Koen: « Il y a des avantages et des désavantages comme partout. C’est la vie. Mais il faut surtout faire quelque chose que tu aimes. C’est à la fois une énergie positive et un challenge de tous les jours. »

“Tout commence toujours avec une idée, puis cela devient un rêve et enfin la réalité prend forme.”
– Koen Van Pottelbergh

Beaucoup d’entrepreneurs disent que leur entourage et les gens qu’ils ont côtoyés ont été un ressort précieux à leur réussite. Qu’en pensez-vous?
Koen: « Personnellement, je me suis entouré de gens qui avaient plus d’expertise que moi dans certains domaines. Il est impossible de tout savoir sur tout et en tant qu’entrepreneur, il y a un paquet de choses à savoir.  Moi je dis toujours qu’on doit travailler avec des gens qui sont plus intelligents que soi (rires). On peut avoir des idées mais elles restent un puzzle à construire. »

Danaë: « Il faut effectivement aller vers les autres et ne pas rester dans son coin. Il faut aller chercher la connaissance là où elle se trouve et écouter les conseils. Mais pas tous… je sais que si j’avais écouté tous les conseils qu’on m’a donnés au début, je n’aurais certainement rien commencé. »

Quels sont les points forts et les avantages d’être entrepreneur?
Danaë: « Les deux grands points forts de mon travail, c’est son impact social et le sens que j’y trouve. Et ensuite, je dirais aussi que c’est une façon idéale de combiner ma famille et travail. Je choisis quand je fais mes réunions. Je travaille plus mais au moins je suis à la maison quand mes enfants ont besoin de moi. Je travaille beaucoup le soir et les week-ends. Je ne saurais plus vivre sans cette liberté… »

Koen: « Je rejoins Danaë sur ce qu’elle vient de dire et j’y rajouterais l’énergie positive aussi. Le fait d’être entrepreneur me donne le sourire et me rend heureux. Ça se répercute sur les gens que je rencontre. »

Voyez-vous des désavantages à être entrepreneur?
Danaë : « Mon travail c’est mon hobby donc j’ai très peu de temps pour le reste. J’ai beaucoup moins de temps pour moi que les gens qui ne sont pas entrepreneurs. Mais je ne voudrais pas que ça change… »

Koen: « Il n’y a aucun désavantage… »

Danaë : « Allez Koen (rire)! »

Koen: « … bon il y a peut-être bien un peu de stress mais j’aime le stress! Je suis né là-dedans. Quand j’étais petit, la maison et le job de mon père était dans le même espace. Le tout est de trouver un bon équilibre dans tout ce qu’on fait. Quand on l’a trouvé, on est très bien. Mais vous devrez peut-être le chercher chaque jour. »

Pensez-vous que l’entrepreneuriat est l’avenir de l’Europe?
Koen: « Personnellement, je trouve que nous avons notre rôle à jouer comme tout le monde! Chacun doit prendre sa responsabilité. »

Danaë: « Oui, je pense qu’on peut dire ça. De nombreux challenges attendent notre société notamment au niveau environnemental. En tant qu’entrepreneurs, on peut être créatifs et garder les entreprises et le gouvernement alertes sur les innovations. C’est notre avantage: on est petits et agiles et donc on peut essayer de nouvelles choses que les grandes entreprises ne peuvent pas (toujours) se permettre. »

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