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Faites pas genre: les femmes se lancent

« Où sont les femmes » chantait Patrick Juvet en 1997. En 2020, on dirait qu’on les a trouvées: elles lancent leurs entreprises. Une bonne nouvelle pour la parité dans le milieu entrepreneurial, où 2 entrepreneurs sur 3 sont encore des hommes.

Parmi les starters [personnes qui lancent leur business], 42 % sont des femmes, annonce Sophie Legrand, chef de projet pour le réseau Diane, réseau professionnel inter-féminin. Presque 1 starter sur deux, preuve d’une évolution dans le milieu. » Le réseau Diane, branche de l’UCM (Union des Classes Moyennes) rassemble 3.500 femmes en Wallonie et à Bruxelles. Son but: permettre le réseautage entre femmes et proposer des ateliers-formations. Mais pourquoi établir des réseaux féminins, alors que d’autres réseaux, mixtes, existent déjà?

Un pourcentage plus élevé d’hommes

Sophie Legrand pointe du doigt le sentiment d(‘il)légitimité chez les femmes. « C’est une vraie question, en particulier chez les jeunes. Il existe beaucoup d’évènements de réseautage, mais on y retrouve un pourcentage plus élevé d’hommes que de femmes, à l’image des statistiques. Les femmes n’osent pas toujours y participer ou y prendre la parole, si elles ne sont pas sûres d’elles-mêmes. » Les réseaux féminins sont un bon moyen d’entrer dans ce monde parallèle, celui de l’entrepreneuriat, si différent des autres milieux professionnels.

Conséquences de la timidité

Muriel Bernard témoigne de la difficulté au départ de présenter son projet, Efarmz. « Au début, j’ai été assez timide, j’ai tout fait moi-même de A à Z. » Avec le recul, elle s’est rendu compte que cette timidité lui a coûté quelques années. « Je n’ai pas osé prendre des investisseurs directement, alors que j’aurais gagné deux ou trois ans de développement en étant plus sûre de moi et le faisant tôt. Mes investisseurs m’ont apporté de précieux conseils, m’ont permis de lever le nez et de me projeter à moyen-long terme. »

“Intégrer un réseau est l’une des clés de la réussite. Ça permet de ne pas tourner en rond.”
— Sophie Legrand, chef de projet pour le réseau Diane (UCM)

Des témoignages de femmes entrepreneurs

Pour Sophie Legrand du réseau Diane, la raison serait culturelle. « On pousse moins les petites filles à prendre des responsabilités. C’est ce qui ressort des témoignages de femmes entrepreneurs. Elles expliquent qu’on a poussé leurs frères, mais que leurs parents n’avaient pas d’attentes spéciales pour elles. » Ce qui ne signifie pas qu’elles manquent d’ambition, ou de compétence.

Un projet qui porte les valeurs

Muriel Bernard a lancé Efarmz en 2013. Après 12 ans de statut d’employé pour des multinationales, elle a créé une plateforme de vente en ligne de produits bio et locaux et de box repas dont tous les ingrédients proviennent de fermes et producteurs belges. « Après 12 ans, j’avais vraiment l’impression d’avoir fait le tour de ce que ces grandes entreprises pouvaient m’apporter. J’avais envie de faire autre chose, de construire un projet qui porte mes valeurs, dont je puisse être fière. » Son entreprise emploie aujourd’hui une vingtaine de personnes et le succès est au rendez-vous. Elle a pourtant lancé le projet « avec trois fois rien. J’avais acheté deux trois livres sur le e-commerce et avec une copine, on a un peu chipoté pour monter nous-mêmes notre site internet. »

Devenir le patron

Aujourd’hui, elle ne regrette en rien son choix. « Le premier avantage, c’est d’être son propre patron. Dans les grosses boîtes, il y a vraiment un plafond de verre, il faut se battre pour monter. Créer sa propre entreprise, c’est devenir le patron. » Devenir entrepreneur demande d’un autre côté de très nombreuses compétences! C’est la raison pour laquelle tant Sophie Legrand (Réseau Diane, UCM) que Muriel Bernard (fondatrice Efarmz) recommande de se faire accompagner. « Intégrer un réseau est l’une des clés de la réussite, explique Mme Legrand, pour ne pas rester seule, le nez dans le guidon. Confronter son projet, se challenger, éprouver ses idées, ça permet de ne pas tourner en rond. »

Modèles d’entrepreneur féminin

Ça a aussi permis à Muriel Bernard de « prendre de la distance. Quand le projet marche bien, on est très content, comme ça marche moins bien, ça nous atteint personnellement. On fait davantage corps avec le projet. » Elle participe elle-même à des réseaux, mixtes et féminins, et est optimiste pour l’avenir. « On a moins de modèles d’entrepreneur féminin que masculin aujourd’hui mais c’est en train de changer. Il y a de plus en plus de jeunes femmes qui se lancent. Et je suis sûre que ma fille osera se lancer à son tour quand elle le voudra. »

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