Accueil Famille 50+ Au commencement du reste de notre vie

Au commencement du reste de notre vie

La cinquantaine, période charnière, se réinvente et n’a plus rien d’une fin, tout d’une suite. Nos trois experts se penchent sur les préoccupations des quinqua et +: terminée la crise de la quarantaine, place au bilan. Quel avenir et quels désirs leur trottent désormais en tête?

Michelle Shenhav.
Psychothérapeute

Quels sont les comportements des 50+ dans la vie de tous les jours?
« Les raisons qui poussent les 50 et + à consulter ne sont pas si différentes de celles des plus jeunes: comment réguler mes émotions, m’en sortir après le départ des enfants, m’y retrouver dans mon couple, etc. Dans mon approche constructiviste et non normative, il n’y pas UN comportement des 50+. Il y en a autant qu’il y a de personnes et la frontière entre les tranches d’âge est floue. Certains ont de nouveaux projets, sont plus en quête de sens, font des choix en fonction de leurs désirs plutôt que de leur famille. D’autres ne changent rien. Le fait que l’on vive plus longtemps aujourd’hui permet d’avoir ‘‘plusieurs vies’’. Il y a beaucoup moins de préjugés qu’avant sur ce que les 50 et + font dans la vie de tous les jours. »

Quelle est la particularité de ce groupe-là?
« Les 50 et + ont déjà eu plusieurs expériences de vie, ils sont pour certains moins dans les performances au travail, sont passés par des crises ou des remises en question et même parfois par des maladies. Mais encore une fois, je voudrais éviter de tomber dans les clichés. On peut tomber amoureux à 50 ans comme à 20 et avoir des peurs similaires. Le dénominateur commun disons pour cette tranche d’âge qu’ils sont dès lors plus à la recherche de l’essentiel. Le temps file, on s’en rend compte, on veut profiter et prendre soin de soi. Certaines personnes vont se dire: ‘‘j’ai fait mon travail, maintenant à moi de profiter et de vivre ma vie comme je l’entends’’. Et ce, quitte à tout plaquer. »

Quelle est l’évolution que vous planifiez dans le secteur par rapport aux 50+?
« Le corps vieillit mais s’entretient. On mange mieux, on fait attention, on a le temps pour faire du sport. À l’époque, avoir 50 ans c’était être vieux alors qu’aujourd’hui on est jeune plus longtemps. Ils consultent plus facilement le coach que le psy pour mettre en route la suite de leur carrière et de leur vie. Il y a un regain de vitalité, une sorte d’énergie nouvelle qui leur donne la volonté d’apprendre quelque chose de nouveau, de créer, de développer les projets qui leur sont chers. On verra davantage des personnes âgées à la tête d’entreprises ou au sommet de leur gloire, regardez Tina Turner ou Jane Fonda. »


 

Annik Mercier

Annik Mercier.
Conseillère conjugale et familiale

Quels sont les comportements des 50+ dans la vie de tous les jours?
« Les 50 ans et plus n’ont pas de comportements amoureux spécifiquement identifiables. La seule conclusion que je puisse tirer de mon expérience est qu’il y a autant de comportements amoureux que de couples. Chaque être humain évolue tout au long de sa vie, donc l’identité « couple » ‘formée de deux individualités ne peut qu’être unique et mouvante… Il est impossible de formuler des généralités. Tellement de paramètres rentrent en jeu: un couple de 50 ans qui entame une relation amoureuse ne se comportera pas comme un autre qui compte de nombreuses années de vie commune. Leurs comportements seront teintés de leur vécu, de leurs insécurités, de leurs besoins, de leurs attentes… »

Quelle est la particularité de ce groupe-là?
« Une tendance comportementale, susceptible d’être pertinente, est celle qui serait liée au contexte social dans lequel les partenaires ont été élevés et encore, ce ne pourra jamais être une règle. Cependant, il apparaît qu’une majorité des couples composés de jeunes adultes qui ont construit leur identité au cœur d’une société de consommation prônant l’épanouissement personnel ont tendance à revendiquer leurs besoins personnels et à attendre de leurs partenaires amoureux qu’ils/elles les assouvissent. Alors que du côté des couples de 50 ans et +, la ‘‘tendance’’ irait plutôt au grand écart entre ‘‘culpabilité’’ (liée à la peur de ne pas être à la hauteur) et ‘‘dictature’’ (par peur de tomber de son piédestal). »

Quelle est l’évolution que vous planifiez dans le secteur par rapport aux 50+?
« Je ne pense pas que les couples de 50 ans et + d’aujourd’hui seront ceux de demain, tout comme ils ne ressemblent pas non plus à ceux que formaient leurs parents. Néanmoins, pour les couples de 50 ans et + qui s’inscrivent dans la durée et cherchent à dépasser leurs difficultés, les relations sexuelles prennent une direction plus tendre, moins charnelle. Ils peuvent en effet laisser tomber l’idée de performance au bénéfice d’une intimité partagée. Les sentiments amoureux délaissent peu à peu l’idée de fusion pour se concentrer sur la compréhension et l’acceptation de l’autre dans toute la richesse de sa différence. »


Vincent Borgies.
Conseiller et General manager, Federico Travel


Quels sont les comportements des 50+ dans la vie de tous les jours?
« C’est une tranche d’âge dans laquelle les gens voyagent de plus en plus. Leurs enfants grandissent et on voit donc des couples qui recommencent à partir seuls. Ils se décident à faire de beaux voyages qu’ils ont toujours espérer réaliser sans en avoir l’occasion à cause de leur vie de famille ou des prêts qu’ils avaient contractés mais pas encore remboursé. Ils se lancent à la suite de leurs désirs encore non réalisés. Ces 50 et + représentent un beau potentiel de clientèle. Les familles aussi bien sûr. C’est l’âge aussi où ce groupe emmène leurs grands enfants dans des voyages plus culturels, souvent au-delà de l’Europe. »

Quelle est la particularité de ce groupe-là?
« Pour ceux qui voyagent sans enfants, ils vont souvent chercher une certaine tranquillité. Ils vont chercher des hôtels où se trouvent peu d’enfants, des voyages juste entre adultes où ils pourront penser à eux, à leur confort tout en rencontrant de nouvelles personnes. Ils peuvent tout autant s’orienter vers des plages idylliques que faire un voyage plus culturel. Ils vont vouloir voir autre chose que ce qu’ils auraient organisé s’ils étaient partis avec leurs enfants. Il y a une véritable volonté de marquer le coup, de vivre quelque chose d’inhabituel. C’est une tranche d’âge qui a des envies très différentes en fonction des personnes. D’autres continuent de partir avec leurs enfants, leur destination va donc dépendre de ça. »

Quelle est l’évolution que vous planifiez dans le secteur par rapport aux 50+?
« En me basant sur mes 25 années d’expérience, je dirais que les gens vont plus oser qu’avant. Ils vont se tourner de plus en plus vers l’inédit, moins classique qu’avant. Ils vont essayer de trouver des voyages qui sortent des sentiers battus avec des destinations plus lointaines. Ils auront envie de casser la tirelire, de faire ce qu’ils n’auraient pas fait d’ordinaire. On a une plus grande ouverture sur le monde de nos jours, les destinations les plus folles sont plus accessibles. Ce qui permet aux 50 et + de réaliser les rêves qu’ils avaient à l’époque mais qu’ils n’avaient pas l’occasion de réaliser par manque de moyens ou de possibilités. »

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