Les formes d’habitation évoluent et se multiplient, souvent au rythme de nos changements de vie et d’envie. Même si trois constantes frappent toujours à la porte: le refus de l’isolement, la dynamique collaborative et la sacro-sainte recherche de budgets pas trop explosifs.

En matière d’habitat, l’étude qui fait foi au niveau mondial a été menée par des étudiants de Sciences Po, à Paris, sous la houlette de Georges Durand, spécialiste de l’habitat reconnu mondialement. Il dresse le cadre: « De nouveaux types d’habitats collectifs émergent! Favorisant le vivre ensemble, ils aident aussi souvent à résoudre l’équation économique pour se loger dans de bonnes conditions. Tandis qu’ils répondent, dans le même mouvement, à une grande diversité de modes de vie et de situations personnelles, divorce, grand âge, recomposition familiale… que le logement traditionnel ne satisfait plus. » Et dans cette avalanche de nouveautés, trois mots reviennent toujours: « modulable », « participatif » et « intergénérationnel ».

Logement modulair

Le logement modulable est conçu pour faire évoluer facilement la configuration des pièces. Par exemple quand une famille s’agrandit ou qu’une personne âgée vient vivre près de ses proches. « Ce type de logement permet de facilement cloisonner une nouvelle pièce. Idéal pour cohabiter sans empiéter sur l’intimité ou l’indépendance des autres occupants », complète G. Durand.

Echange et participation

Vient ensuite, l’aspect participatif. « Le principe: plusieurs ménages se regroupent dans un logement où chacun dispose de pièces privatives et partage d’autres espaces, par exemple la cuisine, un jardin, une salle de jeux. Les décisions sont prises à la majorité des participants. » Parmi les intérêts: les échanges et la contribution de tous pour répartir les tâches. Une difficulté dans les projets de construction de ce type: obtenir un terrain et un financement. Car qui dit plusieurs familles sur un même espace, dit forcément grand espace, pas forcément facile à dénicher ni à acheter vu son coût.

« Le logement traditionnel ne satisfait plus tous les modes de vies. »
Georges Durand, Sciences Po Paris.

Enfin, le logement intergénérationnel, lui, se base sur un principe donnant-donnant. « Une personne âgée va ainsi louer une pièce de son logement à un étudiant à un prix modéré, en échange de quelques services. Outre l’intérêt économique, ce modèle est aussi une bonne solution pour rompre l’isolement et favoriser l’entraide. C’est souvent une excellente solution où chacun trouve son compte. Mais, au-delà des manières de se loger, arrivent aussi des formes d’habitats très différentes! »

Un flou juridique

Au premier rang de celles-ci: la « tiny house », petite maison venue des États-Unis, généralement construite sur roues pour en faciliter les déplacements. Corollaire immédiat de l’arrivée de toute nouveauté sur un marché déjà établi et suivant en cela ses habitudes ancestrales: un fameux flou juridique. Mais aussi des solutions qui se font jour! « Les tiny houses n’apparaissent pas dans la législation pour le moment, et rien n’est clair quant à savoir si elles relèvent d’une caravane, d’une extension, d’une maison… », explique Arno Geurens, directeur général de Tiny House Belgium, principal ambassadeur des constructeurs de tiny houses chez nous.

Le nombre explose

« Mais les choses avancent bien. Vous devez demander auprès de votre commune si vous avez le droit de placer une tiny house dans votre jardin, pour commencer, par exemple. Cela dépend souvent de la parcelle de terrain sur laquelle vous voulez la placer et des règlements communaux propres à votre lieu de résidence. On observe que les autorisations sont de plus en plus souvent accordées, puisque le nombre de tiny houses explose. »

Bon prix

Un succès qui s’explique principalement par une volonté de réduire ses besoins, et surtout par des prix très attractifs. Les prix d’une tiny house varient en effet de 20.000 à 55.000 euros selon la taille et le niveau de finition. « On dit souvent que le prix moyen d’une petite maison est de 42.000 euros. Ce type de logement présente une surface moyenne de 22 mètres carrés et peut peser un maximum de 3,5 tonnes pour que vous puissiez toujours la transporter sur une remorque. Et, vu l’espace qui se raréfie, surtout en ville, et les budgets classiques qui augmentent sans cesse, je pense que cette évolution n’en est qu’à ses débuts! »