Le projet européen « RAWFILL », doté d’un budget de 3,8 millions, est financé à 60 % par les fonds Interreg Europe Nord-Ouest. SPAQUE, en tant que chef de file et partenaire wallon bénéficie d’un cofinancement de la part de la Wallonie. Elle est chargée de coordonner les travaux du consortium constitué de 8 partenaires venus d’Allemagne, Belgique, France et Royaume-Uni. Il s’agit d’une occasion unique de mettre en valeur le savoir-faire wallon dans le domaine de l’assainissement des sols et de l’économie circulaire plus généralement.

«L’objectif du projet, explique sa coordinatrice Claudia Neculau, responsable R&D chez SPAQUE, est de mettre au point une méthodologie d’évaluation du potentiel économique des décharges. Il y a des milliers de décharges qui peuvent présenter une valeur immobilière en fonction, notamment, de leur localisation. Mais elles peuvent présenter un autre intérêt économique tributaire de la composition des déchets qu’elles renferment.

L’improbable mais nécessaire aventure des déchets

Nous voulons aider leurs propriétaires, publics ou privés, à l’évaluer. On estime, par exemple, à 30 % la quantité d’aluminium présente dans beaucoup de décharges. Il y a aussi du fer, des matériaux ferreux et non-ferreux, du bois, des pneus, du plastique, des matériaux de construction, des hydrocarbures, des matières organiques, etc. Tout n’est pas recyclable mais cela vaut la peine de s’y intéresser pour des raisons à la fois environnementales et industrielles ».

Les industriels ne se lanceront dans l’aventure que s’il existe de réelles perspectives de rentabilité

L’exploitation des décharges et la valorisation des déchets que l’on y trouve, c’est ce qu’on appelle le « landfill mining ». Un des principaux obstacles à sa mise en place, ce sont les risques financiers engendrés par les investigations préalables à l’exploitation. Cela coûte très cher, le contenu des décharges étant très hétérogène et la localisation des déchets valorisables particulièrement compliquée. Or, les industriels ne se lanceront dans l’aventure que s’il existe de réelles perspectives de rentabilité. 

De nouveaux outils d’investigation des décharges

Le projet RAWFILL, qui s’étend de 2017 à 2020, consiste donc à développer des outils performants et des méthodes d’investigation précises qui pourront être utilisées dans toute l’Europe. « Nous avons conçu une approche innovante, plus efficace et moins coûteuse de caractérisation des décharges, notamment grâce à la prospection géophysique qui sonde le sol, avec des moyens techniques très sophistiqués proches du scanner en imagerie médicale, et dont les images permettent de localiser et d’identifier avec précision les déchets enfouis depuis souvent plusieurs dizaines d’années », précise Claudia Neculau.

Pour l’Europe, en cas de remontée du prix des matières premières, la récupération de métaux pourrait s’avérer un enjeu économique primordial ainsi qu’un important gisement d’emplois

Contrairement aux méthodes classiques, la méthode RAWFILL permet d’obtenir une cartographie très précise en 3D des ressources disponibles dans les décharges. Ce qui est innovant, c’est la manière de combiner plusieurs méthodes d’investigation géophysiques en vue d’obtenir la délimitation verticale et latérale des déchets. Les tests réalisés ont permis d’identifier la bonne formule de combinaison de méthodes en fonction du type de déchets potentiels, de la géologie du site, etc. 

Transformer nos poubelles en trésors: l’enjeu de demain

Les informations collectées sur site vont alimenter des outils d’aide à la décision de type multicritère, qui tiennent compte des paramètres techniques, économiques, environnementaux, sociétaux, tout en incluant la pression foncière sur la zone investiguée, les frais de post-gestion de la décharge, la valeur des matériaux qui pourraient être récupérés, etc. Ces outils permettront une prise de décision objective par rapport aux options rentables de reconversion/valorisation des décharges. 

Pour l’Europe, en cas de remontée du prix des matières premières, la récupération de métaux pourrait s’avérer un enjeu économique primordial ainsi qu’un important gisement d’emplois. Et puis, il y a aussi, évidemment, l’intérêt environnemental et le bien-être des populations situées à proximité des décharges sans oublier une démarche s’inscrivant dans les principes de l’économie circulaire.

Les résultats du projet, la structure d’inventaire de décharges qui intègre un volet économique, la méthode de caractérisation, ainsi que les outils d’aide à la décision sont disponibles gratuitement sur le site du projet. Un guide reprenant des recommandations, une E-library et un E-learning tool sont en préparation. Les parties prenantes intéressées (privés, publiques) à participer aux workshops et aux évènements organisés dans le cadre du projet, sont invitées à nous contacter.

 

Claudia NeculauClaudia Neculau
Responsable service R&D Innovation – Spaque

 

 

 

En collaboration avec

La SPAQUE est le pôle d’excellence de la Wallonie en matière de gestion des sols pollués. Depuis près de trente ans, elle remplit ses objectifs environnementaux et économiques en assainissant friches industrielles et décharges à travers le territoire wallon. Elle maîtrise ainsi l’ensemble des processus de gestion des sols et des eaux pollués et peut, dorénavant, offrir ses services à ses partenaires publics et privés. www.spaque.be