Faut-il être fier de la Belgique et de sa place à l’échelle économique mondiale? Oui bien sûr! Mais nous ne devons pas l’être trop non plus. Dans une économie globalisée, la collaboration internationale a plus d’importance que la compétition entre pays. 

C’est en cela que le ranking économique de notre pays dans son individualité ne doit pas focaliser nos attentes. Il est certain que nous avons du potentiel. Nous serions d’ailleurs un laboratoire idéal pour de nombreux projets. Mais si nous voulons avancer, c’est tous ensemble que nous devons le faire. Si nous n’avons pas la maturité de savoir que nous nous inscrivons dans ce contexte de décisions plus large, nous n’y arriverons pas. En évoquant les problèmes climatiques, des pensions ou encore des conditions de travail, les politiques belges doivent se rendre compte que la solution ne se trouve ni au niveau communal, ni régional ou fédéral. Elles doivent émaner d’une collaboration à tous les niveaux et surtout au niveau international.

Faire “bande à part”: une erreur

C’est pour cette raison notamment que le Brexit doit être vu comme une erreur d’ampleur gigantesque. C’est jouer sur l’incertitude et la peur des gens en vue de faire passer une solution rapide et soi-disant sexy qui n’a pourtant aucun sens. Il n’y a aujourd’hui aucune réalité économique qui se base sur la frontière d’un état. Cela n’existe plus que dans les livres d’histoire. Nous avons des outils pour répondre à nos problèmes et ces outils sont puissants. C’est la collaboration multilatérale et la fédération effective des pays, régions et communautés. 

Nous avons des outils pour répondre à nos problèmes et ces outils sont puissants.

Comme par exemple l’Union européenne. Le problème est que ces outils ne sont pas utilisés de façon optimale. En plus, afin de développer une politique économique efficace, il faudrait arrêter de se baser sur des opinions subjectives et volatiles et s’orienter vers des solutions qui nous touchent tous avec des méthodes objectives et validées par la science.

Créer un écosystème stable

En terme économique, il est aussi primordial d’attirer des investissements étrangers et des collaborateurs venant du monde entier. Mais comment faire? Avant tout, une stabilité et une continuité constitutionnelles et juridiques sont des prérequis pour créer un environnement favorable aux investisseurs. Deuxièmement, notre plus beau potentiel en Belgique, ce sont nos cerveaux. Nos universités et les savoirs qu’elles font naître sont parmi les meilleurs du monde. De plus, il ne faut pas oublier que nous sommes nous-mêmes de très bons collaborateurs pragmatiques. Ne vit-on pas dans un petit pays aux nombreuses problématiques sans jamais se taper dessus? C’est un atout indispensable dans notre monde complexe. Le tout est donc de savoir comment mettre ces trois compétences clés en valeur. Je n’ai pas la solution, mais si j’étais Premier Ministre, c’est le premier challenge que je tenterais de relever.