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Petit précis de Novlangue Corporate

Une nouvelle langue a envahi nos open spaces. Ça ressemble tantôt à du français déstructuré, tantôt à de l’anglais mal traduit. Pour hacker votre vie pro, challenger vos collaborateurs et impressionner votre N+1, pas le choix, il faut parler le « corporate ». Et si ça ne fait pas sens pour vous, alors par ici la lecture du précis de vocabulaire, alors comme on dit, yapuka.

ASAP: « As soon as possible », signifie que quelque chose est à faire dès que possible, voire même, « pour avant-hier ».

Avancer en marchant: expression redondante pour dire qu’on privilégie l’action à la causette.

Avoir un bon fit: expression franglaise pour dire si l’on a (ou pas) accroché avec quelqu’un.

Au jour d’aujourd’hui: triple pléonasme pour parler du présent jour.

Bande passante:  temps (de cerveau) disponible. Si la bande passante est saturée, c’est que la personne n’a pas le temps de vous écouter ou de réaliser une tâche.

Benchmark: traduit en français, on pourrait parler d’analyse de la concurrence. Réaliser un benchmark consiste à aller voir ce qui se passe ailleurs. Nécessaire avant toute décision importante, cette tâche est pourtant le plus souvent refilée au stagiaire.

Brainstormer: littéralement « tempête de cerveau ». L’idée est de se laisser emporter dans une tempête d’idées non filtrées pour hacker et innover. Attention, il peut être tentant de le traduire par pérorer, mais ses adeptes pourraient vous en tenir rigueur.

Buzz: désigne la capacité d’une entreprise à faire parler d’elle, en bien ou en mal. Certaines théories prétendent qu’il n’y a pas de bad buzz, l’objet du scandale s’effaçant des mémoires pour ne laisser que le nom de la boîte, imprimé en lettre rouge dans nos cerveaux.

Challenger: devenu un grand classique. Mettre au défi.

Collaborateur: nouveau terme désignant un employé, un terme jugé insuffisamment impliqué dans la réussite de l’entreprise et qui remplaçait lui-même à une autre époque celui de « travailleur ».

Conf’call: conférence téléphonique. A pratiquer de préférence chez soi en pyjama, puisque votre partenaire professionnel ne le saura jamais.

Corporate: adjectif définissant une personne qui « roule pour l’entreprise ». Celle-ci adhère entièrement au pitch et à la stratégie de l’entreprise. Plus important, elle ne remet jamais en cause la hiérarchie et les décisions. Souvent moqué par les collègues.

Coworking space: espace privilégié de travail partagé, convivial, permettant de se mettre en relation, collaborer, brainstormer et performer dans une ambiance dynamique. Accueille surtout les SBF (Sans Bureau Fixe).

Débriefer: mot importé de l’anglais. Action de faire le point, le bilan de quelque chose. On débriefe le plus souvent les stagiaires et les réunions/workshops.

Disrupter: Bel anglicisme pour désigner le fait d’innover et créer un nouveau marché dans un secteur donné.

Dropper: envoyer ou faire passer un message, souvent un mail. Fait gagner un précieux temps de prononciation (une syllabe en moins) par rapport au mot français « envoyer ».

Ecosystème: en biologie, désigne le système formé par un biotope (environnement) et par l’ensemble des espèces qui y cohabitent, y collaborent et s’y nourrissent (biocènose). En économie, l’écosystème désigne un secteur d’activités donné dans lequel des acteurs (entreprises, institutions, laboratoires etc.) cohabitent, collaborent et grandissent (ou périssent).

Être charrette: être hyper à la bourre. Mais perd un peu son sens à force, puisque « être charrette » est devenu un mode de fonctionnement quotidien plutôt qu’un mauvais moment à passer.

Faire sens: littéralement exporté de l’anglais « make sense ». Quelque chose qui « fait sens » paraît logique.

Focus: traduisez par « se concentrer », mais en plus court, incisif, bref, concentré. Vous pouvez également le franciser un peu, « Focuser ».

Force de proposition: synonyme non officiel de créatif. Cette étrange expression désigne surtout une qualité grandement recherchée parce qu’elle doit permettre de perfectionner le process, d’améliorer la team et de faire progresser l’entreprise. Bref, que du bon.

Forwarder: transférer. Concerne le plus souvent un mail, un fichier et parfois un stagiaire (s’il est mauvais).

Gérer: terme devenu générique et multi-usage. On gère toutes sortes de choses, et tout à la fois, ce qui nous renvoie une image de super héros.

Hacker: dans ce contexte, le hacker n’est pas l’informaticien qui contourne les sécurités informatiques de logiciels et matériels informatiques, mais celui qui trouve des solutions pour être plus productif et efficace. L’idée est de « hacker sa vie ».

Hackathon: mot-valise composé de Hack et de marathon. Le hackathon est un évènement qui réunit une communauté pendant 2-3 jours pour brainstormer par team à des projets disruptifs sur une thématique donnée. Producteur de start-up.

Impacter: petit anglicisme pour qui remplace « avoir un impact ». Dans la lignée de « solutionner », on transforme un nom en verbe.

Implémenter: joli mot barbare signifiant la mise en place d’une solution.

Lead (nom): un prospect, un potentiel client qu’il s’agit de lever. Sa valeur se compte en pourcentage. 100%, il a signé. 80%, il a donné son accord verbal. 50% il vient de recevoir le devis qu’il a demandé, 30% il faut lui vendre l’idée d’un changement et de la signature.

Licorne: autrefois, on l’aurait appelé Ovni. Il s’agit d’une (rare et incroyable) entreprise qui, sans être en bourse, est valorisée à un milliard de dollars.

N + 1: récemment débarqué en entreprise. Terme absolument désincarné qui désigne la personne immédiatement supérieure dans la hiérarchie.

Pitch: texte ou discours très court que débitent les fondateurs de start-up pour résumer le concept de leur jeune pousse. Le pitch repose souvent sur une anecdote fondatrice, aussi appelée mythe, et doit capter l’attention en un instant grâce aux techniques de marketing et storytelling.

Pratico-pratique: terrible pléonasme qui ne veut laisser aucun doute sur la valeur pragmatique et réaliste de la proposition qu’on shoote par mail.

Prendre le Lead: prendre les rênes. On l’entend le plus souvent de la part d’un N+1 qui souhaite reprendre un dossier qui l’intéresse, après que vous l’ayez presque mené à terme.

Proactif: qualité O-BLI-GA-TOI-RE de toute personne cherchant un emploi. Il devra faire la preuve de son caractère entreprenant, pour finalement suivre les process une fois embaucher.

Process: ensemble d’étapes obligatoires à suivre en vue de (cocher la bonne case) lancer un projet/recruter/effectuer une tâche etc.

Provoquer une réunion: le bureau est une jungle et le travail est une guerre dont il faut sortir victorieux. Alors on provoque la réunion ASAP please, on brainstorme sévère et on avance en marchant.

Réunionite aigüe: maladie grave et chronique qui peut, dans son expression la plus forte, paralyser une entreprise et ses employés collaborateurs, assis autour d’une table pour une réunion qui n’en finit pas et qui devra être reportée ultérieurement.

Start-up: Emprunté à l’anglais « start-up company ». Désigne aujourd’hui le millier de petites entreprises nouvellement créées, qui se développe rapidement sur des idées plus ou moins novatrices. Si vous vous adressez à un incorrigible amoureux de la langue française, préférez le terme « Jeune pousse », plébiscité par l’Académie Française.

Scalabilité (adj. scalable): capacité d’une start-up à dépasser les frontières et à changer d’échelle, parce que le rêve est à portée de tous et le monde nous appartient.

Shooter un mail: envoyer un mail. Mais en anglais, avec un petit verbe issu du vocabulaire sportif, ça paraît plus actif.

Team: traduction de « équipe », mais sonne sans doute mieux que le français.

Team building: à la mode. Pratique visant à organiser en dehors du temps de travail des activités pour les travailleurs collaborateurs. Pour que l’ambiance soit positive avec une tendance productive au travail, rien de tel que l’amitié.

Win-win: de l’ancien temps, on disait « gagnant-gagnant », mais ça, c’était avant.

Workshop: littéralement « magasin de travail ». Désigne une présentation ou une réunion déguisée en « atelier » interactif pour qu’elle paraisse moins longue.

Yapuka: tellement utilisé après avoir longuement brainstormé que le cerveau fatigué a contracté à l’extrême la pauvre formule innocente « il n’y a plus qu’à s’y mettre ».

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