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La disparition du touriste

Le touriste a mauvaise presse ces dernières années: selon les moments, on le moque, on s’en plaint, mais on ne l’envie que rarement. On l’imagine dans un hôtel bondé, montant chaque matin dans l’autocar à la suite de son groupe. On se le représente au pas de course, d’un site à l’autre, équipé d’une perche à selfie. 

«Le mot touriste peut avoir une connotation négative. Il évoque le tourisme de masse », explique Guillaume Darcourt, Directeur des activités belges de l’agence de séjours sur mesure, Voyageurs du Monde. « Nos clients ont de plus en plus une envie de sortir des sentiers battus. Ils ne veulent plus partir en vacances mais en voyage ».

Le touriste voyage pour voir et le voyageur voyage pour vivre.
— Adelin Gressin, voyageuse et bloggeuse

La disparition proclamée de ce mal-aimé touriste correspond à la recrudescence d’une autre espèce :  le voyageur, qui veut « rencontrer l’âme du pays » d’après les mots de G. Darcourt. « C’est aussi pour ça qu’on a de plus en plus de demandes de voyages itinérants. Nos clients ont aujourd’hui la volonté de ne pas se limiter à la capitale, à la station balnéaire etc. » 

Donner du sens à ses vacances

La voyageuse expérimentée qu’est Adeline Gressin propose sa propre définition. « Je dirais que le touriste voyage pour voir et le voyageur voyage pour vivre.» Une définition qu’elle ne veut pas trop rigide, parce que « selon les moments, les envies, on est tous le touriste de quelqu’un. » On peut dire qu’elle a hérité cette passion. « J’avais une grand-mère et des parents qui voyageait pas mal. C’est en voyant leurs photos que j’ai eu envie d’aller voir ailleurs ce qui se passait. »

Sauf que « voir » n’a vite plus suffit, comme pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui. « Le sens de mes voyages, je le trouve dans les rencontres, dans la découverte d’autres cultures. C’est ce qui m’attire, plus que d’aller voir et de prendre en photo des paysages. Moi j’aime partager, rencontrer et aller vers l’autre. »

Prendre le temps de s’imprégner

Elle vient de fêter les 10 ans de son blog, voyagesetc.fr, mais voyage depuis plus de vingt ans. Elle sait que son voyage parfait tient à peu de choses. « Prendre mes billets d’avion, prévoir mes deux-trois premiers jours par sécurité et me laisser aller au fil des rencontres et de l’instinct. Tout ça m’a appris que c’est dans la désorganisation que les meilleures rencontres se font. »

« Ce n’est pas la distance qui crée l’aventure ! Notre devise : l’aventure commence en bas de chez soi »

— Cédric Maillaert, le co-fondateur de Hike up

Ce type de séjour, de rythme et de laisser-vivre s’accommodent mal d’un timing trop serré ou de contraintes rigides. Désormais établie à Nantes, Adeline Gressin prévoit toujours trois semaines de voyage minimum, l’idéal selon elle pour vraiment prendre le pouls d’un pays et découvrir sa culture. Même si c’est aussi un petit sacrifice. « Au lieu de prendre l’avion plusieurs fois dans l’année pour des petits week-ends, on fait un gros voyage, une fois, peut-être deux ».

“Le voyage commence en bas de chez soi”

Mais pas question de se passer de voyages pour autant. « Je ressens aussi l’appel du voyage en France. On peut voyager près de chez soi. » La globe-trotteuse en est convaincue. « On voit d’ailleurs dans les tendances actuelles émerger la micro-aventure : passer le week-end près de chez soi, pour aller faire de la marche, du camping ou remonter un fleuve en paddle. »

C’est aussi le crédo de Cédric Maillaert, le co-fondateur de Hike up, agence de développement et dynamisation du tourisme durable. « Ce n’est pas la distance qui crée l’aventure ! Notre devise : l’aventure commence en bas de chez soi. (…) C’est pour ça qu’on a créé l’échappée transwallonne, un voyage à vélo écoresponsable de 8 jours, 430km, à travers la Wallonie et les
pays frontaliers »

Ces opportunités locales devraient encore se développer selon C. Maillaert : « 20 % des Belges choisissent la Belgique comme destination de vacances et les Belges francophones restent les premiers visiteurs de la Wallonie. » Et les belges de devenir tour à tour voyageurs ou aventuriers.

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TourismeLe touriste a mauvaise presse ces dernières années: selon les moments, on le moque, on s’en plaint, mais on ne l’envie que rarement. On l’imagine dans un hôtel bondé, montant chaque matin dans l’autocar à la suite de son groupe. On se le représente au pas de course, d’un site à l’autre, équipé d’une perche à selfie. Ca s'explique peut-être par nos nouvelles quêtes de sens et d'authenticité dans le voyage.

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