Les habitudes et préférences touristiques évoluent. Plus que jamais, le voyageur belge cherche aujourd’hui à s’écarter des chemins battus, pour vivre des expériences authentiques au plus près des habitants et de la culture locale.

Si, pour certains, les vacances sont synonymes de détente au bord de la piscine d’un complexe hôtelier proposant des séjours en demi-pension ou en pension complète, pour d’autres, il s’agit surtout de vivre des expériences particulières, uniques et authentiques, loin du tourisme de masse. Plutôt que de visiter les lieux et sites décrits comme « incontournables », ils cherchent au contraire à découvrir des endroits peu fréquentés ou seulement connus des locaux. L’immersion en terre inconnue séduit de plus en plus, et celle-ci se matérialise de différentes façons.

Slow tourisme et transports lents

Dans les nouvelles façons de voyager, on observe un désir de tourisme écoresponsable. « Depuis un an ou deux, mais surtout depuis un an, la dimension écologique dans le choix des vacances prend une place croissante, note Guillaume Darcourt, responsable du marché belge de l’agence de voyage Voyageurs du monde. De plus en plus de clients veulent éviter les voyages en avion, et favorisent les moyens de transport comme le train ou la voiture. » La volonté de voyager en train, en voiture ou à vélo traduit la volonté des Belges de limiter leur empreinte écologique, mais aussi de provoquer la rencontre et les échanges. « Ça reste très marginal, mais nous avons aussi des demandes de voyage sur des paquebots. Pour ça, il faut avoir du temps », sourit G. Darcourt.

Le temps, voilà une autre notion en évolution. Le slow tourisme fait des adeptes. Prendre le temps de profiter des paysages, de s’imprégner des ambiances, de valoriser les rencontres et de savourer les spécialités locales. « C’est la raison pour laquelle notre agence a récemment lancé son service Like a friend. Il ne s’agit plus d’un guide à destination mais, comme son nom l’indique, d’un ami local. Un habitant qui connaît les lieux et qui, par passion, durant une heure, une demi-journée ou une journée, propose au voyageur une balade informelle, lui faisant découvrir la vie locale, les gens, les bonnes adresses… Toutes sortes de choses que l’on ne trouve pas dans les guides touristiques. »

Dormir en pleine nature

Pour les nuitées, le voyageur en quête d’expérience préfère les petites structures: hôtels de charme, chambres d’hôtes, boutiques hôtels voire hébergements alternatifs de pleine nature comme le glamping (contraction de glamour camping), qui propose des séjours en roulotte, yourte ou cabane.

« En termes de type d’hébergements, les maisons louées ont connu un regain significatif depuis avril 2017, affirme Hans Dobbelaere, directeur général du bureau d’études de marché WES research & strategy. C’est le résultat du succès de l’Airbnb, surtout. Ce type de séjour devient de plus en plus populaire, que ce soit pour des voyages courts ou longs. »

L’enquête du bureau d’études révèle aussi que la moitié des voyages est effectuée en formule B&B (bed & breakfast). « Seulement un huitième des vacanciers belges opte pour le tout inclus. » Encore une fois, prendre les repas à l’hôtel n’est plus prisé. La découverte d’un pays passe aussi par les plaisirs de la table. Ce qui explique d’ailleurs le succès grandissant des voyages culinaires: séjours gastronomiques, circuits gourmands et autres week-ends de dégustations diverses.

Quant aux destinations les plus convoitées, elles varient  fortement suivant la longueur des voyages et le profil des voyageurs. « La France et l’Espagne sont devenues des destinations moins populaires depuis avril 2016, tandis que les destinations d’Europe de l’Est et non européennes gagnent en importance », déclare H. Dobbelaere. « Nos destinations principales n’évoluent pas tellement, remarque G. Darcourt. Elles changent d’ordre suivant les années, mais demeurent les mêmes. La destination la plus vendue, et de très loin, est l’Italie. Viennent ensuite le Japon, l’Égypte et les États-Unis. »