Innovations technologiques, commerce électronique, « mobility as a service », nouvelles énergies, mobilité douce, multimodalité, voiture autonome, tarification intelligente, véhicules partagés… Toutes les avancées dans le domaine des transports semblent annoncer une mobilité light, intelligente, économe en ressources et ajustée aux besoins des utilisateurs.

Un monde virtuel et vertueux qui n’attendrait de leur part qu’un changement mental et comportemental. Et pourtant, derrière tout cela, on les oublie. Qui? Les infrastructures. Elles sont les véritables coulisses collectives de la mobilité quotidienne. Quand on regarde l’histoire, on constate qu’elles ont fait le succès du train, du tram, et aussi de la voiture.

Imaginez…

Nos territoires sont devenus automobiles parce qu’ils se sont couverts de routes, de parkings, de ronds-points, de stations- service… Tout est accessible en voiture désormais, sans aucune discontinuité. Ces infrastructures, nous ne les voyons plus, leur présence est évidente – sauf lorsqu’elles sont défaillantes.

Mais imaginez un trajet en voiture au cours duquel la route deviendrait brusquement un chemin de terre, ou se réduirait à une piste cyclable qu’il faut emprunter pour rejoindre sa destination. Imaginez une ville sans places de stationnement, et devoir laisser sa voiture sur le coin d’un trottoir. Imaginez faire le plein avec les pieds dans l’herbe mouillée, sous la pluie, pendant que des vélos vous éclaboussent en passant en trombe. Imaginez la moitié des voiries du pays interdites à la circulation automobile. Imaginez, en d’autres mots, que la continuité des infrastructures routières ne soit plus assurée…

Absurde? Et pourtant, c’est le quotidien des piétons, des cyclistes, des utilisateurs des transports en commun. Les infrastructures viaires ne sont pas – ou peu – conçues pour eux.

Les infrastructures de demain

Leurs cheminements sont tissés de ruptures. Par ailleurs, de grands projets d’infrastructures sont délaissés, tels le RER. Contrairement à ce qu’on entend souvent, les mentalités sont bien en train de changer. Ce sont les matérialités qui sont à la traîne.

Il est temps de développer les infrastructures de demain, celles qui rendront tous nos territoires cyclables, marchables et partageables. Ce qui suppose de les concevoir non plus du point de vue exclusif du trafic automobile, mais, une fois n’est pas coutume, de les penser le nez sur le guidon, pas à pas, et à toute vitesse commerciale. Bien sûr, les infrastructures de demain auront aussi la fibre digitale. Mais les mobilités alternatives ne seront jamais faites uniquement d’applis; elles exigent aussi leurs propres sites. Pas d’avenir sans infrastructures!