Plus que 10 jours pour trouver le cadeau idéal. Cet exercice réitéré chaque année auprès d’une dizaine de vos proches finit par devenir mécanique. Et l’inspiration, inexistante. Vous pourriez cette année offrir à ceux que vous aimez un supplément d’humanité et de sens. C’est tout l’intérêt de choisir des cadeaux solidaires.

Peut-on changer le monde par nos petites actions? Sans doute pas. Ou du moins, pas tout seul. Aujourd’hui des associations, des entreprises se battent pour cela. Et si, en offrant vos cadeaux de Noël, vous pouviez les y aider? Amélie, étudiante à l’ULB, a fait ce choix. « Je viens d’une famille assez traditionnelle. Beaucoup d’emballages, beaucoup de cadeaux. De plus, on ne faisait pas beaucoup attention à leur provenance ou leur utilité. »

Boutiques éthiques

Depuis 5 ans, elle essaie de transformer ses habitudes. Tant pour son engagement pour l’écologie que pour l’implication sociale et éthique de ses actions. « J’essaie de faire des cadeaux qui soient plus immatériels. Ça peut être des places pour un spectacle, un voyage ou une expérience » explique la jeune femme. Mais il n’est pas toujours possible d’échapper aux traditions. « Si je dois faire un cadeau matériel, je choisis d’aller dans des boutiques écoresponsables ou éthiques. À ce propos, j’aime beaucoup le centre commercial Yuman (Bruxelles). » Niché près de l’avenue Louise, c’est le premier centre en Belgique à ne proposer que des produits et services durables. Il s’inscrit dans une démarche zéro déchet, slow design (à l’inverse du fast fashion) et de l’économie circulaire.

Certaines associations ont aussi des boutiques. Qu’elles aient pignon sur rue ou online, vous participez directement au financement de la cause qui vous tient le plus à coeur! Ou mieux, au coeur de celui qui recevra votre présent! De nombreuses associations sont désormais affiliées à un même site, boutique-solidaire.com. Du sac à dos en matière recyclée de chez Médecins Sans Frontières, aux textiles Amnesty International, en passant par les jouets Unicef. Vous trouverez votre bonheur.

Si je dois faire un cadeau matériel, je choisis d’aller dans des boutiques écoresponsables ou éthiques.

Avez-vous pensé au seconde main pour les fêtes? Non seulement le vintage est à la mode, mais vous contribueriez à une bonne cause. « J’ai d’abord commencé écoresponsable et éthique mais neuf. Puis j’ai offert un cadeau éthique accompagné d’un cadeau de seconde main. Enfin, seulement le cadeau de seconde main. (…) J’ai dû expliquer que ce n’était pas le cliché qui vient en tête de l’objet dégradé ou de mauvaise qualité. » Parmi ses favoris, les boutiques Oxfam, et les Petits Riens.

La Recyclerie sociale

À Saint-Gilles, la Recyclerie sociale travaille en partenariat avec Bruxelles-Propreté pour récupérer les encombrants, objets de décoration et jouets. En faisant cela, ils espèrent réduire drastiquement les déchets de la commune en les revalorisant: c’est ce qu’on appelle le « upcycling », recycler pour créer un objet de plus grande valeur. Cette recyclerie loge aussi de nombreuses initiatives et ateliers et recrée du lien et de l’emploi. « Certains quartiers, à cheval entre plusieurs communes, ont besoin d’initiatives sociales et d’un nouveau maillage associatif », explique Thierry Van Campenhout, qui a supervisé le projet en tant qu’échevin à Saint-Gilles. Et pour les plus engagés, offrez une chèvre Oxfam! Derrière le slogan qui prête à rire, Oxfam vous propose de faire un don au nom de l’un de vos proches, puis de lui offrir une carte humoristique qui servirait de certificat. Amélie a déjà reçu ce type de cadeau. « On m’avait offert une plantation d’arbres. Et j’ai adoré. En plus, je recevais des nouvelles par email. »

Ces cartes s’achètent toute l’année, « même si c’est vrai que pendant les fêtes, les ventes fonctionnent mieux », selon Thomas Maertens, d’Oxfam-Solidarité. « “Oxfam s’emballe” a été la première à proposer ce type de cadeau, à la fois “fun’’ et solidaire. Depuis, d’autres ONG ont aussi adopté le concept. » D’après l’association, il y a 10 ans, elle vendait environ 1000 cartes par an. Un chiffre qu’elle a doublé depuis.

L’idée d’une carte séduit davantage qu’un simple don. Parce qu’il y a toujours un cadeau à déposer sous le sapin. « Un autre avantage à ne pas négliger, rappelle Thomas Maertens, c’est qu’il s’agit toujours de don. À partir de 40 euros d’achat par an, une attestation fiscale est délivrée. » Vous récupérerez ainsi 45 % du montant, de quoi vous inciter à la générosité.