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L’ombre du Z

Hyperconnectée et animée par un sentiment d’urgence, la génération Z débarque sur le marché du travail. Pour les employeurs, c’est un bouleversement. Pourtant, en s’y prenant bien, ces hyperactifs autodidactes peuvent devenir une vraie plus-value dans une entreprise.

Ils sont nés après 1995. Ils ont toujours connu Internet et les réseaux sociaux. On les dit farouchement indépendants, peu concentrés, un rien égocentrique. « En fait, ils n’ont peur de rien », résume Olivier Nyssen, fondateur d’Happiness Consult, en évoquant les jeunes de la génération Z. « Ils sont en recherche de sens, ils ne veulent pas “réussir dans la vie” mais “réussir leur vie.” » Alors il y a urgence. Et si un job ne leur plaît pas, ils le quittent du jour au lendemain, sans regarder en arrière.

Gérer la tempête, en faire une force

Dès lors, pas facile pour un employeur de gérer ces tornades qui, paraît-il, peuvent débarquer à un entretien d’embauche en lançant un live Facebook, et directement annoncer au recruteur qu’ils ne feront pas certaines tâches. « Selon moi, cette génération est vraiment en quête d’un monde meilleur », analyse de son côté Philippe Szombat, cofondateur de BrightBiz, société spécialisée dans la formation et le recrutement en vente. « Du coup, ils sont aussi un peu en manque de repères et en déphasage avec les réalités économiques. » Pour une entreprise, tout le jeu serait alors d’apporter une réponse flexible à ce manque de balises. En commençant par proposer des valeurs claires dès le recrutement. « Aujourd’hui, chaque entreprise devrait se poser la question de son “Why”: quelle est ma valeur fondamentale, ma raison d’être? », poursuit Ph. Szombat. « Ensuite, il s’agira d’engager une personne qui se reconnaît dans cette valeur et la partage pleinement. C’est encore plus important que le fait d’avoir de bonnes compétences. »

Découvrir et apprendre est un moteur quotidien pour la génération Z
— Olivier Nyssen, Happiness Consult

D’ailleurs, pour Olivier Nyssen, la compétence, et même l’expertise, sont des notions abstraites pour un jeune de 20 ans. « Ils ont une capacité de recherche d’information incroyable. Et elle repose en grande partie sur leur manière de fonctionner en réseau. Découvrir et apprendre est un moteur quotidien pour eux. » Autrement dit: mettez un millénial type en matinée de formation, ou sous la tutelle d’un expert, il aura probablement disparu dans l’heure.

” Les managers doivent être des animateurs”, Ph. Szombat

Face à ces employés d’un genre nouveau, le rôle du manager doit donc changer. « Pour moi, le bon manager est celui qui saura négocier un cadre avec son employé, et lui donner une totale liberté au sein de ce cadre », explique O. Nyssen. Et pour éviter qu’il ne se lasse au travail, il faudra le lui présenter comme une succession de missions à court terme. Comme dans un jeu vidéo où on passe de niveau en niveau. Difficulté: on en arrive assez naturellement à une déstructuration du cadre spatio-temporel qui peut effrayer les employeurs. Fini d’imposer un lieu de travail et des horaires trop stricts. Le « Z » travaille très bien chez lui à 23 h si ça lui chante. « Mais il ne faut pas oublier que pour ces jeunes, la transparence totale et la confiance mutuelle sont des valeurs indiscutables. » Philippe Szombat, lui, annonce « la fin des structures trop horizontales. Les managers doivent être des animateurs, qui encouragent et guident de manière souple. »

Un potentiel à exploiter

Reste une question: ces efforts en valent-ils la peine? Vu le vieillissement de la population, pas le choix répondront les plus cyniques. « Mais ces jeunes ont beaucoup à apporter! », s’enthousiasme O. Nyssen. « Ils sont très courageux et apprennent extrêmement vite. Si vous les motivez, si vous ne les serrez pas trop et que vous les félicitez régulièrement, ils ont une capacité de travail incroyable. » Philippe Szombat aussi leur reconnaît des compétences qui peuvent tirer l’entreprise vers le haut. « Leur connaissance innée des nouvelles technologies, leur capacité d’accès à l’information et d’échange, peuvent ouvrir l’entreprise sur le monde, vous permettre d’acquérir une plus grande vitesse dans les prises de décision, de mieux vous adapter, et donc d’être plus efficace. » Alors, si votre prochain entretien lance un live Facebook en entrant… laissez-lui une seconde chance.

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