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Moins de paternalisme, plus d’autonomie

En collaboration avecSomething, CE

Dans le secteur des soins et de la santé, la tendance est à l’empowerment du patient. Mais de quoi s’agit-il exactement? Zoom sur un concept qui transforme la pratique médicale.

Apparue aux États-Unis dans les années 1930, la notion d’empowerment fait l’objet d’une littérature anglo-saxonne abondante depuis les années 1980 dans des champs aussi variés que l’action sociale, l’éducation ou encore le développement économique. Généralisée au niveau international dans les années 2000, elle investit de plus en plus le secteur des soins et de la santé depuis une dizaine d’années.

Une pratique médicale qui perce lentement en Belgique

En Belgique, l’empowerment est de plus en plus repris dans les programmes nationaux et régionaux d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, avec plus ou moins de succès. « Tout changement de culture, d’habitude, prend du temps », déclare Laure Istas, responsable Qualité et Sécurité au sein de la PAQS ASBL, Plateforme pour l’Amélioration continue de la Qualité des soins et de la Sécurité des patients. De plus en plus d’initiatives et de projets se mettent en place afin de sensibiliser le patient et le personnel soignant à cette nouvelle approche des soins. En tant que plateforme de soutien, la PAQS veille à accompagner les institutions de soins dans ces démarches. »

L’empowerment du patient a pour objectif de favoriser la participation active du patient dans la relation de soins. « Il s’agit du processus que traverse le patient pour se sentir plus à l’aise, plus confiant et plus responsable de sa propre santé , explique Laure Istas. Le processus par lequel on lui donne le pouvoir et les moyens de participer au devenir de sa prise en charge médicale. Et ce, en l’impliquant dans ses soins, en étant partenaire avec lui dans la relation de soins. »

Le patient, acteur de sa propre santé

Cette démarche émancipatrice vise à rompre avec les modalités d’intervention considérées comme paternalistes. Le patient co-construit avec l’aide du soignant une relation de soin efficace à travers une approche holistique de la santé. « Il ne s’agit plus seulement pour le patient de mettre à exécution les ordres du médecin, mais de lui donner la capacité de comprendre sa maladie et son traitement, de lui fournir l’information qui lui permettra d’être plus attentif à ce qu’il doit faire ou ne pas faire en fonction de sa situation personnelle », précise le Dr Stéphane De Maeght, directeur médical adjoint du Centre Hospitalier Jolimont. L’empowerment n’est donc pas un résultat, mais bien un processus continu qui vise à motiver, conscientiser et faciliter la compréhension et le parcours du patient et du thérapeute dans les activités de soins.

Comité d’identito-vigilence et comité patients-partenaires

Dans cette dynamique, de plus en plus de structures de soins mettent en place des projets de partenariat avec le patient, afin de l’impliquer dans les prises de décision institutionnelles et, par-là, d’améliorer les pratiques médicales. C’est le cas du Groupe Jolimont. Il y a 4 ans, fut l’un des premiers hôpitaux belges à inclure des patients au sein de son Comité d’identito-vigilance, destiné à réduire les erreurs d’identification lors de la délivrance des soins. Il a aussi créé en parallèle un comité patients-partenaires dont la vocation est d’accompagner les candidatures de patients invités à intégrer les services de l’institution. « Cette année-ci, nous avons franchi une étape supplémentaire en incluant aussi le patient dans le Comité qualité et sécurité des soins, qui est l’organe au sein duquel sont prises les décisions institutionnelles en matière d’orientation stratégique, de budget affecté aux campagnes, d’hygiène des soins… C’est là où se discutent aussi les incidents, les plaintes… De cette façon, le patient peut se rendre compte des forces et des faiblesses d’un centre hospitalier, des erreurs ou des manquements, et donner son point de vue pour les solutionner. »

Un changement de mentalité encore balbutiant

Partenariat, co-construction, patient expert, autonomisation… La terminologie utilisée pour traduire l’empowerment est large et ne fait encore l’objet d’aucun compromis. Un point commun découle toutefois de toutes ces notions, l’idée selon laquelle les expertises du professionnel soignant (expert de la maladie) et du patient (expert de la vie avec la maladie) sont complémentaires et que, mises en commun, elles peuvent contribuer à améliorer l’expérience des soins et des services de santé dans son ensemble.

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