Je me souviens que, lorsque je suis devenue la maman de Sacha, cinq ans avant la naissance d’Estelle, je jetais les bras au ciel en criant ma joie inouïe: j’étais la conquistadora de terres d’amour inexplorées.

Je découvrais une nouvelle qualité de lien affectif, une nouvelle consistance d’amour, que je n’aurais jamais pu soupçonner… Et que, bien sûr, tous les parents éprouvent – en fait, je suis affreusement banale. Et pourtant pas: mon amour pour mes enfants, il est inimitable et irremplaçable. Ne fût-ce que par les maladresses dont je me rends « coupable » jour après jour; nous y voici: ma vie de maman, et donc notre vie de famille, c’est une succession ininterrompue de petites imperfections des uns et des autres, autour desquelles il faut bien composer, ajuster, et continuer à s’amuser. Bref, jour après jour, si mes enfants grandissent, moi aussi.

Ma vie de maman, c’est une succession ininterrompue de petites imperfections.

Trouver le bon équilibre entre travail et famille

Pendant les premiers temps de ma vie professionnelle, j’étais tellement excitée (à l’idée qu’on croie que je puisse être utile à quoi que ce soit) que j’ai accepté le moindre boulot qu’on me proposait, quitte à saturer mon agenda. Je suis hostile à l’à-peu-près, aussi j’ai toujours travaillé avec zèle et conscience. Ça demande du temps. Il y a eu des périodes de jonglage délicates, où l’équilibre familial était menacé, je dois le dire. Alors, tout récemment, quand on m’a fait une proposition magnifique en radio, j’ai réussi non sans fierté à dire « non » pour – à mon avis – la première fois depuis que je suis née. Ce projet m’aurait privée de tous mes matins chaotiques et merveilleux avec mes enfants. Je suis une maman pas zen du tout; les cris et les grincements de dents, ça nous connaît, mais Sacha et Estelle comprennent aussi que mon rêve le plus profond consiste en ce que la somme de tous nos petits moments, plus ou moins réussis, fassent d’eux des personnes équilibrées et nuancées.

Aujourd’hui, l’un de nos chantiers, à la maison, c’est de trouver des solutions « écran ». Sacha a bientôt 11 ans, il me voit consulter ma tablette pour y glaner toutes sortes de menues infos, et il est avide d’autonomie « internautique »; il est donc temps que je lui offre un accès sécurisant à l’Internet; mais je crains l’addiction et surtout les pièges tout moches que comporte le web… Voilà ma prochaine mission parentale. J’ai bien l’impression que ce ne sera ni la plus simple, ni surtout la dernière…