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Envisager sa société de manière pérenne

Développer son entreprise en la faisant durer nécessite, on l’imagine, un certain temps, de la réflexion, voire la mise en place d’une culture d’entreprise. Trois CEO évoquent leur situation, depuis le commencement de leur activité.

Lyonel Alzetta.
CEO, Flash Raccoon, agence de marketing & de publicité

Comment avez-vous appréhendé les débuts de votre activité professionnelle?
« Avant de se lancer, un travail important en amont – avec beaucoup de discussions – a été nécessaire, surtout pour bien définir la philosophie et la direction que nous allions adopter, ainsi que le rôle de chacun. Histoire de ne pas débarquer sur le terrain entrepreneurial et constater en cours de route que nous n’avions pas la même vision. De se différencier aussi, mais la somme de nos profils, distincts et avec des expériences passées dans le public et le privé pour chacun, a fait que nous pensions apporter quelque chose de frais, humain et singulier dans notre domaine, celui de la communication. Puisqu’on propose un package allant du graphisme à la vidéo, en passant par la stratégie globale. »

 Comment avez-vous vu la croissance de vos activités?
« Les choses se sont faites de manière exponentielle depuis notre fondation, en 2017. Le fait d’avoir constitué une société à trois amis de longue date (avec Julien Fouya et Kamal Messaoudi, NDLR) offre une visibilité que nous n’aurions jamais pu avoir individuellement au préalable, même en travaillant énormément chacun de notre côté. Cela donne plus de sérieux aussi, même si nous avons choisi un nom à connotation sympathique (Flash Raccoon, qui signifie “Raton laveur rapideˮ). Mais il nous correspond. Le bouche à oreille a ensuite permis d’accélérer les processus, de faire parler de nous à de plus gros clients et d’avoir de plus en plus de travaux à réaliser qui nous correspondaient. »

 D’après vous, quelle culture d’entreprise faut-il adopter pour bien réussir?
« Pour nous, l’aspect humain prévaut. Le tout est de trouver un juste équilibre entre des clients déjà connus et des projets coups de cœur, même si on doit parfois moins gagner d’argent. Puis, nous sommes dans une culture de challenge, d’aide, de partage de connaissances et de transmission d’informations. Donc, depuis toujours, nous existons par les actions concrètes. C’est de toute façon en partageant avec les autres qu’on évolue soi-même. Pour le reste, on trouve important de mettre en valeur les talents belges, tout en construisant l’un ou l’autre pont avec l’étranger. C’est notamment ce qu’on est en train de faire avec l’Amérique du Nord, qui apprécie la créativité de notre pays. »

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Anne-Catherine Trinon.
CEO, Altavia ACT, spécialiste de la communication dédiée au commerce de détail.

Comment avez-vous appréhendé les débuts de votre activité professionnelle?
« Ce qu’on a veillé à mettre en place, dans notre cas particulier qui était de fusionner deux sociétés, c’était d’assurer le plus rapidement possible l’aspect transversal entre toutes les équipes, de voir ce que chacune pouvait apporter de mieux à l’autre et d’imaginer ainsi, très calmement, comment à partir de “un plus un”, nous pouvions en fait faire “trois”. Cela, dans l’idée d’explorer tous ensemble de nouveaux marchés, en plus de ceux qui existaient pour nous. Ensuite, nous avons complètement redéfini le positionnement de notre agence, tout en continuant à consolider nos effectifs. »

 Comment avez-vous vu la croissance de vos activités?
« Nous sortons d’une très belle année 2018, qui nous a permis de continuer de grandir, certainement parce que ce qui a été mis en place en interne a su nous faire rayonner vers l’extérieur. Nous sommes à présent dans une sorte de continuité, en poursuivant sur un mode de management participatif. Là, on traite encore de toute la partie fusion de deux sociétés qui existaient depuis plusieurs années, de comment continuer à bien gérer celle-ci, quelles réussites avons-nous obtenues et comment poursuivre sur notre lancée. Mais j’avoue que nous sommes assez heureux de n’avoir dû enregistrer que 6 départs sur 80, ce qui est un chiffre particulièrement faible pour une fusion. »

 D’après vous, quelle culture d’entreprise faut-il adopter pour bien réussir?
« Nous, nous partageons surtout un processus d’intelligences collectives, qui sont l’ADN de notre société. En misant notamment sur la coresponsabilité et l’autonomie des équipes, ce qui amène les collaborateurs à devenir des porteurs de projets de l’entreprise. L’idée du partage et de pouvoir donner sens à ce qu’on fait, pour aller plus loin. Aujourd’hui, beaucoup parlent d’entreprises libérées ou de bonheur au travail, mais la problématique humaine nécessite des années d’expérience, car cela remet en question le mode de fonctionnement de chacun, réclame de la transparence et de la solidarité, en fonction des besoins. Ce qui n’est pas toujours évident dans le monde dans lequel on vit. »

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Guy Manas.
CEO, Studio L’Équipe, géant de la postproduction cinématographique belge

Comment avez-vous appréhendé les débuts de votre activité professionnelle?
« En 2012, je suis arrivé dans une logique d’audit. Mon rôle a été de voir ce qu’il fallait faire pour restructurer une société vieille de 50 ans, tout en la réorientant, vu les difficultés économiques auxquelles la boîte faisait alors face. Mon rôle a été de comprendre son fonctionnement, ses actionnaires et le rôle de chacun pour déterminer nos valeurs ajoutées, en assurant la transition entre le cinéma traditionnel et le numérique. J’ai également cherché à capitaliser sur les points forts, pour essayer de faire au moins aussi bien – voire mieux – que ce qui était fait, raison pour laquelle on se décline aujourd’hui en cinéma, en fiction télé, en série ou en d’autres supports. »

Comment avez-vous vu la croissance de vos activités?
« Si on regarde 2018 par rapport à 2017, on est en légère croissance, mais celle-ci a surtout été significative l’année précédente. Ce qui a évolué, c’est notre mix entre les clients, vu que nous tablons sur plus de terrains. Nous misons sur l’aspect qualitatif, via nos techniciens, nos studios de bruitage, de mixage, nos salles d’étalonnage (Dolby Vision HDR et cinéma) et sur le laboratoire photochimique, tout en développant une offre complémentaire. On gère des projets économiques plus fragiles, dans une logique d’aide au jeune cinéma (celui de demain, donc), via le court-métrage, par exemple. Ce qui permet d’offrir aux créatifs des infrastructures à des conditions économiques compétitives. »

D’après vous, quelle culture d’entreprise faut-il adopter pour bien réussir?
« Je pense qu’il faut d’abord être à l’écoute du marché, des tendances, et puis de savoir interpréter les signaux qui nous entourent, que ce soit à travers les clients, les partenaires, les concurrents et les gens avec qui on a travaillé. C’est important dans une société qui tourne autour d’une vingtaine de salariés. Ce que j’aimerais à l’avenir, étant donné qu’on bénéficie d’une surface disponible très importante à Bruxelles, ce serait d’accueillir encore plus de projets différents, au-delà de ces projets classiques que nous avons l’habitude d’héberger, comme du gaming. De sorte à trouver d’autres coopérations, d’autres synergies, et nous orienter indirectement vers de nouveaux sujets. »

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