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Vagues de chaleur en vue

Ces dernières années, les vagues de chaleur estivales sont de plus en plus fréquentes, et s’accompagnent de pics de mortalité dans la population. Comment les anticiper, et quels sont les publics les plus fragiles?

Le mot est sur toutes les lèvres à l’approche de l’été. Va-t-on vivre une nouvelle « canicule »? Il faut dire que les chiffres interpellent. « Les vagues de chaleur se répètent de plus en plus souvent » explique Pascal Mormal, météorologue et responsable des archives à l’Institut royalmétéorologique (IRM). « On compte 17 vagues de chaleur rien que sur les 30 dernières années. Depuis 2015, on a même pu observer au minimum une vague par an. » Et ce n’est pas tout: l’été 2018 fut le plus chaud depuis que les mesures existent (année 1900), avec deux vagues quasiment ininterrompues entre le 13 juillet et le 7 août.

Danger sanitaire

Rappelons que la canicule présente un réel danger sanitaire.« Les périodes de fortes chaleurs sont clairement corrélées avec des hausses subites des décès dans la population belge» explique Natalia Bustos Sierra, épidémiologiste à l’Institut Sciensano. Elle insiste également sur le lien entre hausses importantes des températures et pics d’ozone:« Les deux sont indissociables car les rayons UVet la chaleur réagissent avec des polluants présents dans l’atmosphère pour produire de l’ozone.» Or, ce gaz augmente les risques de mortalité cardiovasculaire et respiratoire, y compris chez les 25-65 ans. Les chiffres précis sur les décès estivaux s’affinent constamment, mais on peut aujourd’hui dire que plus de 6000 décès ont eu lieu entre le 20 juillet et le 9 août 2018, période correspondant à la seconde activation du plan chaleur en Belgique. Sans pouvoir affirmer que la chaleur ou l’ozone soient directement responsables, cela représente un pic de mortalité significatif au cœur de l’été.

 

Les vagues de chaleur posent en premier lieu un problème social et organisationnel.

Plan d’intervention

Depuis la canicule européenne de 2003, les autorités publiques ont donc réagi en mettant en place des plans d’intervention. Chez nous, ce plan est régionalisé depuis 2016. Dans le sud du pays, c’est l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) qui est chargée de faire percoler l’information vers les acteurs de terrain, via son plan wallon « Forte chaleur et pics d’ozone. »« De mon point de vue, les vagues de chaleur posent en premier lieu un problème social et organisationnel » explique le Dr. Sophie Lokietek. « Au niveau médical, un adulte en bonne santé court un risque limité tant qu’il ne fournit pas d’efforts excessifsà l’extérieur pendant les heures les plus chaudes. C’est surtout du côté des enfants en bas âge, des personnes âgées et des personnes isolées socialement que des mesures précises doivent être prises. »

Population fragile

Les personnes âgées sont les plus fragiles car elles possèdent une moins bonne réaction corporelle à la chaleur. Elles sont également plus sujettes à d’autres maladies qui les affaiblissent et dépendent parfois des autres lorsqu’il s’agit de prendre des mesures face à un problème. Les enfants, eux, se déshydratent beaucoup plus vite que les adultes, surtout s’ilsfont des efforts physiques. Quant aux troubles dus à la chaleur en eux-mêmes, ils vont des crampes musculaires passagères aufameux « coup de chaleur », qui cause maux de tête, nausées et pertes de connaissance, et qui nécessite une intervention d’urgence.

Les prévisions

Alors, à quoi doit-on s’attendre pour cet été? « Il est trop tôt pour faire des prévisions alarmistes » prévient Pascal Mormal. « Les vagues de chaleur sont liées à des anticyclones très puissants quibloquent la situation et permettent l’arrivée de masses d’air subtropicales. Or, on ne voit pas se dessiner les contours d’une telle situation plus de 15 jours à l’avance. » La situation qu’on connaît depuis 2015 tire néanmoins les probabilités vers le haut. Et même si ce n’est pas une règle absolue, une longue période de sécheresse au printemps augmentera les risques de connaître une canicule.

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