Depuis quelques années, le secteur de la santé connaît un grand bouleversement, tant pour les patients que pour les praticiens. État des lieux de l’e-santé!

Tout change dans le secteur de la santé. De nouvelles thérapies émergentes s’appuient sur des avancées dans le domaine de la biologie (immunothérapie, thérapie cellulaire, séquençage et édition de l’ADN…), des progrès impressionnants en matière d’équipements médicaux (robots-chirurgiens, imagerie médicale, outils de diagnostic, nanotechnologies…) se font jour, et des innovations multiples du numérique (Big Data, Internet des objets, impression 3D…) viennent en aide au secteur.

La définition e-santé

Et tout ceci permettra sans doute bientôt de guérir des maladies aujourd’hui incurables, d’alléger le quotidien de patients souffrant de pathologies invalidantes, et d’accroître l’espérance de vie de chacun. Mais qu’entend-on exactement par « e-santé » ? L’Organisation mondiale de la Santé la définit comme « les services du numérique au servicedu bien-être de la personne.» Mais également comme « l’utilisation des outils de production, de transmission, de gestion et de partage d’informations numérisées au bénéfice des pratiques tant médicales que médico-sociales. »

Plus fort que le cerveau humain?

« La maturité des nouvelles technologies, combinée à l’accès à l’information médicale sous format numérique, nous ont poussés à nous lancer dans le secteur de la santé. Si les dossiers des patients étaient restés sous format papier, nous n’en serions pas là », dit Pascal Sempé, directeur Watson Santé chez IBM France. « Pour les maladies les plus complexes et notamment le cancer, Watson assiste le médecin, en l’aidant à affiner son diagnostic et à choisir le bon protocole thérapeutique. » Plus fort que le cerveau humain? « Le volume de publications médicales double tous les 5 à 7 ans. Les médecins peuvent difficilement rester à la pointe, les outils d’aide au diagnostic et à la prescription, basés sur l’intelligence artificielle, seront une aide précieuse », poursuit-il.

Concours de diagnostic

Pour preuve, en juillet 2018, un « concours de diagnostic » est organisé entre une équipe de 15 professionnels, venus des plus grands hôpitaux de Chine, et un système d’intelligence artificielle. Il s’agissait, à partir d’images, de diagnostiquer des tumeurs cérébrales. Et la machine avait battu l’humain sans réserve: 100 % de succès pour l’IA contre 70 % pour les médecins.

« Pour la santé, les solutions basées sur le cloud sont très sécurisées. »

Bref, dans le monde de la santé comme ailleurs, la technologie est en passe de changer profondément les pratiques, voire le système. Et les grands champions mondiaux du numérique ne s’y sont pas trompés. À commencer par les « Gafa », qui investissent massivement le champ de la santé connectée. Au point de devenir de précieux alliés de notre médecine de demain. Reste une question de taille: serons-nous prêts à l’accepter?

Le cloud computing

« Les établissements de santé, acteurs majeurs du secteur, ont d’abord utilisé le cloud computing internalisé dans leurs propres salles blanches. Ils se montraient particulièrement prudents avant de confier leurs données à des entités extérieures », explique Emmanuel Meyrieux, chef de projet Conformité OVH Healthcare, avant de préciser: « Nous menons un travail de pédagogie au quotidien, tant pour expliquer la technologie cloud que les conditions requises pour assurer un niveau de sécurité optimal des données ».

Le futur de l’e-santé

« Pour la santé, les solutions basées sur le cloud ont atteint un stade où elles sont plus sécurisées que les solutions sur serveur local », continue-t-il.« Le cloud est constitué de couches supplémentaires de sécurité: la disponibilité et l’intégrité des infrastructures et des données sont mieux assurées grâce à des mécanismes de redondance. La confidentialité reste quant à elle une responsabilité majeure impliquant l’ensemble des parties prenantes, du professionnel de santé au fournisseur d’infrastructure, en passant par l’éditeur de l’application. » Le futur de l’e-santé peut donc dormir sur ses deux oreilles!