Les possibilités de mobilité doivent aujourd’hui s’envisager autrement qu’à travers le modèle autocentré de la voiture. De nombreuses alternatives naissent un peu partout dans nos villes. Le partage et la multimodalité en seraient la clé.

Échapper à la circulation automobile durant les heures pointes, désengorger les villes de ses véhicules inutiles, abaisser le seuil de pollution ambiant… la liste des embarras de circulation que l’on rencontre quotidiennement en ville est longue. Ne nous le cachons pas, la résolution de ces problèmes est devenue un véritable casse tête d’un point de vue politique, comme du point de vue des déplacements personnels.

L’économie de partage

Pourtant, qui dit problème pregnant, dit également opportunités à saisir. Et dans cet ordre d’idées, certaines entreprises privées ont très vite compris qu’il y avait une veine à exploiter. Leur cheval de bataille a également très vite été ferré : l’économie de partage ! “La plupart du temps, cela permet une mobilité alternative et écologiquement attrayante qui amène à réduire sensiblement le taux de circulation ainsi que le parc automobile”, estime Guillaume Servonnat, directeur des opérations et de la communication chez Maestromobile.

Aux traditionnels trains, trams et métros se sont ainsi ajoutés les vélos et les trottinettes électriques à partager. Même la voiture, toujours vue comme moyen de transport numéro 1 en Belgique, a vu son pendant “à partager” se développer dans nos villes depuis 2 ou 3 ans. “Des initiatives et/ou applications telles que CarAmigo ou Drivy vous permettent par exemple de partager votre voiture avec votre voisinage en tant que particulier”, poursuit Guillaume Servonnat. “C’est le Airbnb de l’automobile”. Une mise à disposition bien utile qui permet de bénéficier de véhicules durant une journée ou un week-end et d’ainsi valoriser ceux qui sont à l’arrêt. “S’il est certainement illusoire d’imaginer un jour des villes sans voiture, la réduction de leur nombre via cette mobilité alternative contribuera sans aucun doute à l’apaisement de nos cités”.

Pour activer progressivement ce pendant de mobilité alternative, l’information est primordiale, tout comme l’est l’expérimentation. 

Question de mentalité

Pourtant si ce type de mobilité annonce un renouveau plus que bienvenu, il reste encore assez confidentiel et marginal. Les gens ont du mal à se séparer de leurs voitures. Question d’habitude, d’ignorance mais également de mentalité! “Pour activer progressivement ce pendant de mobilité alternative, l’information est primordiale, tout comme l’est l’expérimentation”, insiste Martin Lefrancq, spécialiste en stratégie chez Bruxelles Mobilité. “C’est bien beau de multiplier les initiatives, mais si l’usager n’a aucun vécu et aucune sensation avec l’ensemble des moyens de transport existants, jamais il n’en changera”. C’est notamment pour cette raison que le rôle d’un Mobility Manager dans les entreprises est aujourd’hui devenu capital. Dans le meilleur des cas, il guide, informe et oriente les employés vers les moyens de déplacements les plus viables et adéquats. En posant que le meilleur Mobility Manager devrait être l’Etat.

MaaS

Dans les années à venir, une initiative reprenant le concept de mobilité alternative devrait marquer un avancement conséquent dans ce sens. On parle ici du système MaaS (Mobilité en tant que service). Cette idée provenant de Finlande tend à redonner une place à l’utilisateur au coeur des services de transport. Au sein d’une seule et même application, celui-ci sera à même de trouver des solutions de mobilité personnalisées en fonction de ses besoins individuels. L’utilisateur pourrait ainsi aller d’un point A à un point B en combinant un trajet en train, en Uber, en vélo et en trottinette électrique en une seule pression du doigt sur son téléphone (à la manière d’un Google Maps). “Comme on peut avoir un forfait chez des opérateurs téléphonique, le Maas vous permettrait de bénéficier d’un package mobilité”, explique Guillaume Servonnat. Encore dans sa phase test dans des villes comme Anvers, cette offre multimodale révolutionnaire en serait dans sa phase de recherche à Bruxelles.