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IA : une stratégie belge pour une transition annoncée

Un groupe d’experts s’est penché sur les efforts que la Belgique devrait réaliser pour intégrer au mieux l’IA dans les prochaines années. Privé, public, formations… tout est décrypté pour être sûr de profiter des nombreuses opportunités offertes par cette technologie de pointe.

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’est immiscée dans nos vies de bien différentes manières. C’est elle qui se cache derrière l’assistant personnel de votre téléphone; elle qui anime certains robots industriels; elle encore qui vous embarquera bientôt à travers les voitures autonomes.

Champ de possibilités

L’IA est aujourd’hui la technologie de pointe qui fait fantasmer bon nombre d’entre nous car elle ouvre un énorme champ de possibilités dans le monde moderne. Pour simple exemple, l’organisme d’études IDC (International Data Corporation) estime que le marché de l’IA qui pesait près de 8 milliards d’euros en 2016 devrait passer à plus de 47 milliards d’euros d’ici 2020. Un marché qu’il s’agit donc de ne pas sous-estimer du point de vue national de peur de se laisser dépasser dans les années à venir. « Accorder de l’importance et du soutien financier à ce secteur économique est primordial car il va déterminer le sort de tous les autres », estime Damien Ernst, spécialiste de l’intelligence artificielle à l’ULG. « Le développement de l’IA est donc fondamentalement lié à la survie d’un tissu économique ».

AI 4 Belgium

Qu’en est-il donc de ce développement dans notre petit pays? Si la Belgique ne compte toujours pas de grandes entreprises à la hauteur de Google ou de Facebook, elle tente tant bien que mal de se positionner dans le secteur en coordonnant les acteurs gouvernementaux, les entreprises et les universités. Depuis la fin de l’été dernier, ‘AI 4 Belgium‘, la coalition de 40 experts ainsi mise sur pied s’est attelée à analyser la situation de notre pays dans le secteur. Ce n’est que très récemment que les résultats sont parvenus au gouvernement sous forme de recommandations sur 5 axes bien spécifiques: la formation et les compétences, l’adoption par le secteur privé, le rôle du secteur public, la stratégie et le partage de données ainsi que la promotion de l’innovation et sa diffusion. Tout un programme!

Il y a toujours cette crainte au sein des entreprises que l’IA remplace l’homme. Mais c’est un peu un fantasme. 

Point central

La formation et les compétences par exemple restent un point central. Elles doivent en effet concerner tout le monde: élèves, étudiants, comme tous les travailleurs quelle que soit leur profession. Or à l’heure actuelle, ni la masse critique, ni les outils nécessaires ne sont disponibles. « Même si le Big Data est déjà présent depuis un moment dans certains cursus universitaires, il manque toujours des formations condensées et pratiques intégrant l’IA au monde de l’entreprise par exemple », explique Baudouin Thomas, fondateur de Reimagine. En plus de ces formations, les experts estiment qu’un travail de sensibilisation et d’information est nécessaire. « Il y a toujours cette crainte au sein des entreprises que l’IA remplace l’homme. Mais c’est un peu un fantasme », poursuit Mathieu Goeminne, chercheur expert en AI au CETIC. L’évolution économique et sociétale se fera avec l’IA, qu’on le veuille ou non. Autant, dès lors, prendre le problème à bras-le-corps. « Assurons-nous de former des personnes en Wallonie pour comprendre les technologies IA qui les implémenteront avec une vue wallonne et un sens de l’éthique européen », ajoute Jean-Christophe Deprez, directeur Positionnement Entreprises-Recherche au CETIC.

Rôle essentiel

Si le cadre juridique et la visibilité de notre pays à l’international (ainsi que la nécessité d’attirer et de maintenir des talents en IA) sont également évoqués dans le rapport, c’est aussi le rôle du secteur public qui est mis sur la table. Lui qui est encore très frileux à intégrer ce genre de technologie devrait saisir l’opportunité de cette transition annoncée: collaboration active avec des start-up, guide et exemple dans les expérimentations en termes d’utilisation de l’IA, création de nouveaux postes à responsabilités (Chief Data Officer)… bref son rôle est essentiel.

Qu’on se le dise, à l’issue de ce rapport, une chose est certaine: la Belgique a du pain sur la planche. Mais les opportunités sont réelles. Il ne reste qu’à injecter un milliard d’euros jusqu’en 2030, soit 83 millions par an.

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