Accueil Industrie Chacun doit toujours se demander ce qu’il peut faire à son niveau!

Chacun doit toujours se demander ce qu’il peut faire à son niveau!

©Frederik Hamelynck

Parce qu’elle est considérable avec ses 17.000 employés, qu’elle est souvent au centre des débats et polémiques en tous genres, et surtout parce que son business de base, l’énergie, implique aussi une dimension sociétale, nous avons voulu interroger Philippe Van Troeye, le CEO d’une entreprise pas tout à fait comme les autres.

Pour commencer, le sujet est inévitable: les marches qui se multiplient contre le réchauffement climatique, cela vous inspire quoi?

« Je ne suis pas qu’un CEO d’entreprise, par ailleurs assez active dans la recherche de solutions pour moins consommer d’énergie, je suis aussi un citoyen. Et je trouve qu’il faut affirmer son engagement et sa responsabilité personnelle en tant que citoyen. Mais aussi en tant qu’entreprise. Les enjeux de la transition énergétique sont fondamentaux. »

Comment impulsez-vous ces enjeux au jour le jour?

« Ils me mobilisent au quotidien! Nous sommes un acteur industriel de premier plan qui occupe des milliers de personnes en Belgique. Ensemble, nous voulons faire de ce pays un champion de l’efficacité énergétique. L’enjeu commence par la mobilisation de nos experts qui sont le moteur de cette dynamique. Ensuite, il faut se demander comment nous pouvons à travers toutes nos activités, favoriser la transition énergétique. Demain, il faudra consommer une énergie de plus en plus locale et décarbonée. Et, surtout, en consommer moins. Nous installons notamment des éoliennes, des panneaux solaires et des unités de cogénération sur des sites industriels. L’électricité produite est consommée sur place, ce qui permet de mettre mieux en adéquation la consommation et la production dans un lieu donné. La mobilité est également un vecteur important de la transition électrique. D’ici 2020, 20 % de notre flotte de véhicules utilitaires sera passée à l’électrique. Et nous développons aussi une offre de mobilité électrique pour nos clients résidentiels et industriels. »

Gère-t-on Engie, avec les valeurs que la société véhicule, comme on gèrerait une autre entreprise?

« Immanquablement en tant qu’acteur historique dans un secteur stratégique, nous sommes sans doute plus au centre de l’attention que d’autres entreprises actives dans d’autres secteurs. Même si aujourd’hui, plus aucune entreprise ne peut faire l’économie du débat énergétique. »

En tant que CEO, comment gère-t-on, concrètement, 17.000 personnes?

« Même si j’aimerais, je ne les connais pas toutes! Mais, dès que je le peux, je quitte la tour qui abrite notre siège central pour aller voir nos collaborateurs sur le terrain. Je puise beaucoup d’énergie de ces contacts. Là, ce que je retiens essentiellement, c’est la compétence de ces équipes, leur mobilisation et leur volonté de bien faire leur travail. Et puis, notre personnel se pose bien entendu beaucoup de questions sur la façon dont l’entreprise va évoluer, précisément dans cette période de transition. Il est essentiel d’y répondre… »

Il faut affirmer son engagement et sa responsabilité personnelle en tant que citoyen.

Vous travaillez dans cette entreprise depuis longtemps, avez-vous vu ces questions évoluer, justement?

« Oui, la conscience des enjeux énergétiques est plus grande qu’avant, et l’urgence est là! En outre, les évolutions technologiques ont, elles aussi, été très vite. Les moyens digitaux accélèrent les échanges, ce qui demande plus de formation et d’adaptation de la part du personnel. En d’autres termes: la flexibilité est devenue indispensable… »

En sachant que, défi supplémentaire, vous devez agir aux deux extrêmes. Avec des solutions faisant appel aux technologies de pointe, mais aussi avec des techniciens sur le terrain, dont le travail fait autant appel au tournevis qu’à la tablette…

« Exactement! Et peu d’entreprises sont dans notre cas. Mais le développement de toutes ces technologies irrigue également les métiers que l’on peut considérer comme “plus traditionnels”. Ce mélange entre métiers et expertises différentes et complémentaires est d’une richesse extraordinaire! »

Aujourd’hui, plus aucune entreprise ne peut faire l’économie du débat énergétique.

C’est donc aussi une richesse de maîtriser toute la chaîne, depuis la conception d’un produit jusqu’à son entretien, en passant par sa commercialisation et son exploitation?

« Bien sûr! Nous sommes présents sur toute la chaîne de valeur. Et puis, l’autre force de l’entreprise réside, là encore, dans une grande flexibilité face aux besoins de nos clients qui ne cessent d’évoluer. Il faut connaître ses compétences, mais aussi reconnaître celles des autres. Pour rester compétitive, une entreprise a d’ailleurs besoin d’avoir, en face d’elle, des concurrents qui la poussent à innover. »

Au final, votre motivation quand vous vous levez le matin, elle vient principalement d’où? Du personnel, de la concurrence ou de vous-même?

« Dans une entreprise comme ailleurs, il ne faut pas tout attendre des autres, mais agir sur les choses sur lesquelles on possède une certaine influence. J’ai commencé chez Engie comme ingénieur de production. J’avais bien entendu des attentes vis-à-vis du CEO, mais pour autant je n’oubliais jamais qu’une partie de la solution résidait peut-être dans mes mains. Chacun doit se demander ce qu’il peut faire à son niveau… la motivation vient aussi de là! »

Vous demander ce que vous pouvez faire, vous, c’est une chose à laquelle vous vous soumettez aussi en tant que CEO?

« J’établis mon propre bilan chaque soir! Et le bulletin est plus positif pour certains que d’autres. Comme c’est le cas pour tout le monde, je pense. Ma responsabilité de CEO est de faire bouger l’entreprise, d’insuffler une dynamique même si chacun est à son niveau responsable d’impulser ce mouvement. Il y a un besoin d’expliquer, de comprendre, d’échanger. Mais de nos jours, tout doit toujours aller très vite. On vit dans l’instantanéité… »

On va parfois trop vite?

« Maintenant, en 30 secondes, avec un smartphone, on trouve une info qu’il y a 30 ans, je dénichais peut-être après avoir été à la bibliothèque durant une demi-journée. Cette évolution technologique est bien entendu très positive dans de nombreux domaines. Mais le débat vient trop vite. Et, surtout, se clôt trop rapidement. Je crois que, paradoxalement, nous sommes à une époque où il importe plus que jamais de prendre du recul. C’est ce que j’essaie de faire. Comme citoyen et comme CEO. »

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