Accueil Interview Joël Poilvache: 'Entretenir une motivation forte est essentiel pour assurer un taux...

Joël Poilvache: ‘Entretenir une motivation forte est essentiel pour assurer un taux d’absentéisme faible’

©Christophe VanDer Eecken

L’absentéisme a des répercussions non négligeables sur la performance économique et organisationnelle des entreprises. Existe-t-il des solutions pour s’en prémunir? Le point avec Joël Poilvache, Directeur du cabinet de recrutement spécialisé Robert Half.

L’absence récurrente et non planifiée des salariés perturbe le fonctionnement de l’entreprise et représente un coût important. Mais, au-delà des désagréments causés, le taux d’absentéisme permet aussi d’évaluer la motivation et la satisfaction des travailleurs. Chez Robert Half Belux, on s’en sert pour évaluer l’état de santé de l’entreprise et, lorsque c’est nécessaire, instaurer des mesures correctives.

Monsieur Poilvache, l’absentéisme est un phénomène préoccupant pour les entreprises. Dans quelle mesure impacte-t-il votre société?
« On lit en effet beaucoup dans la presse que le taux d’absentéisme pour maladie augmente régulièrement depuis 10 ans. L’absentéisme représenterait en moyenne 14 à 15 jours d’absence par année prestée, par travailleur. Chez nous, on se situe aux alentours de 10-11 jours d’absence par an. Il semblerait donc que nous nous en sortions un peu mieux, même si ce n’est pas encore parfait. Le taux d’absentéisme est quelque chose que nous suivons de près. Nous effectuons des analyses régulièrement. Tous les 3 mois, les managers des différents départements reçoivent les statistiques des maladies, identifient les tendances et, en fonction de celles-ci et après concertations, mettent en place des solutions. »

Le taux d’absentéisme dans votre entreprise est-il effectivement plus important aujourd’hui qu’il ne l’était hier?
« Avec l’évolution du monde du travail, une flexibilité accrue est demandée aux travailleurs. En raison de la rapidité des outils électroniques, la communication est de plus en plus intense, les quantités d’information à intégrer sont toujours plus importantes… Tout cela engendre une pression globale plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 10 ou 15 ans. L’absentéisme était alors déjà une réalité, mais il a effectivement tendance à augmenter progressivement depuis 10 ans. »

Quelle est la stratégie adoptée votre entreprise pour combattre l’absentéisme?
« Il est nécessaire d’identifier les causes de l’absentéisme pour pouvoir les traiter. Mais il est surtout essentiel, dès le départ, d’instaurer une culture d’entreprise, une culture de travail, une culture d’équipe qui soit épanouissante pour les employés. Les études le prouvent, un travailleur satisfait est 10 à 15 % plus productif qu’un travailleur insatisfait et tombe moins souvent malade. Nous nous attachons donc à valoriser une culture d’entreprise saine, où les gens privilégient la communication, le respect, et où le travail de chacun est valorisé. Les employés doivent être satisfaits de leur environnement de travail mais aussi trouver du sens dans leur activité. »

On passe beaucoup de temps à travailler mais on veille aussi à passer suffisamment de temps à célébrer.

Comment procédez-vous concrètement pour atteindre ce résultat?
« Nous entretenons un dialogue très étroit avec chacun de nos employés. Déjà, nous avons une communication informelle encouragée par nos bureaux qui, pour la plupart, sont organisés en paysager. Mais les managers organisent aussi de petites réunions hebdomadaires en one to one, avec un point semestriel et ensuite annuel, durant lesquels on échange beaucoup. Le manager transmet des feedbacks mais en reçoit aussi, positifs comme négatifs, et en tient compte afin de mieux coller aux attentes des employés. La communication est importante pour cultiver de bonnes relations à long terme. Nous avons aussi mis en place un Flex Income Plan, qui permet à nos collaborateurs de customiser un peu leur package salarial, à savoir qu’ils peuvent par exemple prendre un peu plus de congés en échange d’un peu de salaire brut, ou bien une voiture de société plus petite en vue d’un salaire brut un peu plus important… Ainsi que des programmes d’incentive, de récompenses, pour entretenir la motivation de l’ensemble du personnel. Et puis surtout, nous sommes très attachés à la célébration des anniversaires, des petits succès… On passe beaucoup de temps à travailler mais on veille aussi à passer suffisamment de temps à célébrer des événements en groupe, afin de créer et entretenir le sentiment d’appartenance. »

Parmi les initiatives adoptées par votre entreprise pour entretenir la motivation des employés, quelles sont les plus efficaces?
« Le plus important, et ce qui est souligné par les études, ce sont les valeurs de loyauté, de confiance et de respect qui animent la vie de l’entreprise, et la valorisation du travail de chacun. On peut prendre toutes sortes de mesures mais si, au niveau du management, on n’essaie pas d’exemplifier ces valeurs, de stimuler ses équipes grâce à une communication transparente, ouverte, proche des gens, et de faciliter l’interaction entre les personnes, cela ne fonctionne pas. Nous sommes très conscients de ces aspects-là au sein de notre organisation. Nous ne sommes évidemment pas parfaits, mais nous nous efforçons d’appliquer tout cela au quotidien et de placer ces valeurs au centre de notre culture d’entreprise. »

Quels conseils donneriez-vous aux autres entreprises pour diminuer l’absentéisme au sein de leur structure mais aussi pour améliorer le bien-être et la santé de leurs collaborateurs?
« Tout commence au recrutement. Il est important d’identifier chez les collaborateurs une éthique de travail, une fiabilité, un désir d’implication. Par les entretiens d’embauche, mais aussi en tenant compte des références, des environnements de travail dans lesquels le travailleur a évolué précédemment. Ensuite, je conseillerais aux managers de développer des qualités émotionnelles avec leurs employés, les qualités de dialogue, de transparence, de valorisation, mais aussi de créer un environnement de travail dans lequel chaque fonction a du sens. Il est important que chaque employé comprenne son rôle, l’importance de son rôle dans l’entreprise, et qu’il soit fier de l’incarner. Enfin, il faut veiller à bien identifier les motivations de chacun, qui peuvent être très différentes d’une personne à l’autre, et c’est très bien, afin de satisfaire au maximum ces critères de motivation individuels. Certains seront stimulés par l’argent, d’autres par l’équilibre vie privée-vie professionnelle… Entretenir une motivation forte est essentiel pour assurer un taux d’absentéisme faible. »

SMART FACT

Si Joël Poilvache n’était pas directeur d’un cabinet de recrutement spécialisé, il serait…
« Moniteur de ski ou guide nature! J’adore la nature et la montagne, des environnements qui me conviennent bien. »

EN PLUS

Pierre-Frédéric Nyst: Le défi de la retraite pour indépendants

Pour s’assurer une retraite digne, l’indépendant dispose à présent d’outils efficaces. Il faut cependant poursuivre l’amélioration de la pension légale. La réforme en cours doit aboutir pour rendre le système existant pérenne, mais aussi équitable.

La recherche médicale : l’excellence avant toutes choses !

investissements La plus grosse partie du financement vient clairement du secteur privé : cela représente approximativement 60 % de l’ensemble des dépenses.

Poursuivre ses études permet d’être heureux au travail

Comme coach professionnel, je suis confronté au quotidien à des personnes insatisfaites au travail. Poursuivre ses études est l’une des réponses à l’évolution de la société et du marché du travail.

Chacun doit toujours se demander ce qu’il peut faire à son niveau!

Philippe Van TroeyeParce qu’elle est considérable avec ses 17.000 employés, qu’elle est souvent au centre des débats et polémiques en tous genres, et surtout parce que son business de base, l’énergie, implique aussi une dimension sociétale, nous avons voulu interroger Philippe Van Troeye, le CEO d’une entreprise pas tout à fait comme les autres.

Les enfants, c’est dehors que ça se passe!

Les activités en plein air, c’est du bonus à tous les niveaux. Santé, développement, créativité… Entre enfants ou en famille, il faut bouger et profiter de la nature.

Archief.

Nathalie Crutzen: La ville de demain sera « smart »

Il y a vingt ans, de grands réalisateurs hollywoodiens imaginaient la ville du futur: une oasis technologique, peuplée de robots intelligents et de voitures volantes. Même si, aujourd’hui, ces visions ne s’avèrent plus si utopiques que cela, c’est surtout le concept de Smart City qui semble apparaître comme l’idéal à atteindre pour nos villes.