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La jeunesse, en quête d’épanouissement

Aujourd’hui, les jeunes qui sortent des études prennent des chemins très différents. Certains font comme leurs parents, achètent une maison et trouvent un travail stable, quand d’autres partent explorer le monde. Mais une chose est sûre, il n’y a pas de mauvais parcours.

Leur diplôme en poche, de nombreux jeunes ne savent que faire. Trouver un travail? Prendre une année sabbatique pour voyager? Épargner? Investir dans l’immobilier? Se marier? Contrairement à leurs parents dont le chemin était plus ou moins tracé, un monde de possibilités s’offre à eux. On comprend le désarroi de certains, mais pas de panique, cette incertitude est tout à fait normale. Ces choix de vie très diversifiés peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs.

Jean-François Guillaume, sociologue de la jeunesse à l’ULg fait d’abord la distinction entre le parcours et la trajectoire. « Les jeunes qui sortent de l’école aujourd’hui doivent construire leur propre parcours, trouver leur place. C’est la différence avec leurs parents et grandsparents dont la trajectoire était dictée par les institutions. » Avant, un jeune adulte passait par une série de moments relativement ritualisés, le fameux schéma diplôme, travail, installation en couple, mariage, achat d’une maison, enfants. À l’heure actuelle, on attend d’eux qu’ils saisissent des opportunités et fassent leurs preuves, plutôt que de suivre un chemin tracé. « On constate également une sorte d’injonction au développement personnel », note J.-F. Guillaume. On valorise ainsi les expériences diverses qui collent à leur personnalité. En témoigne le programme Erasmus qui permet de voyager, de découvrir d’autres systèmes éducatifs et des cultures différentes, et d’ainsi enrichir son CV.

Cette mobilité n’est cependant pas une généralité. Pour voyager, il faut disposer des ressources nécessaires: parler plusieurs langues, avoir de l’argent, certaines capacités relationnelles. On trouve donc encore des parcours plus rectilignes, note le sociologue. C’est ce que constate également Déborah Vanesse, agent immobilier et présidente de Federia, la fédération belge francophone des métiers de l’immobilier. Selon elle, un cas n’est pas l’autre. En fonction des régions, des personnalités, des éducations, les envies en matière de logement diffèrent. « Certains veulent devenir propriétaires, d’autres préfèrent louer. Des jeunes ont une idée bien précise de leur future maison et font construire, alors que d’autres rénovent. »

Les jeunes qui sortent de l’école aujourd’hui doivent construire leur propre parcours, trouver leur place

– Jean-François Guillaume

Un point commun, cependant, les jeunes deviennent propriétaires plus tard que les générations précédentes. « Cela s’explique par la durée des études, plus poussées, mais aussi par la peur de perdre un certain confort de vie auquel ils ont été habitués chez leurs parents », analyse D. Vanesse. À cela il faut ajouter les facteurs contextuels. C’est un fait, le prix de l’immobilier a grimpé et les banquiers sont plus frileux. « J’ai connu des jeunes couples qui obtenaient très facilement un prêt total, prix d’achat et frais de notaire, pour l’acquisition d’une maison à 200.000 euros. Aujourd’hui c’est beaucoup plus compliqué », commente l’agent immobilier. Les banques ont peur des séparations, mais aussi de l’instabilité du marché de l’emploi. De nombreux jeunes commencent en effet par trouver un travail intérimaire, un remplacement en CDD, ce qui ne rassure pas les financiers.

Ceci étant, J.-F. Guillaume estime que les jeunes d’aujourd’hui subissent une autre forme de pression, plus diffuse, que celles que vivaient leurs prédécesseurs d’il y a 30 ou 40 ans. « Avant, on demandait de la résistance pour passer toutes les étapes et arriver à la stabilité. Maintenant, il faut plutôt de l’endurance, passer des épreuves mais sans arriver nécessairement à la stabilité. » Les jeunes sont donc plus libres de choisir le parcours qui leur convient le mieux. En résulte une jeunesse fragmentée qui doit prendre le temps de se réaliser. « Certains ont les yeux plus gros que le ventre au moment d’acheter », termine D. Vanesse. « Je leur conseille d’être patients et de ne pas vouloir acheter la maison de leurs rêves directement. » Il peut ainsi être intelligent d’acheter un premier bien immobilier et de le revendre ou de le mettre en location plus tard. Car l’investissement reste toujours plus intéressant que de laisser dormir de l’argent sur un compte en banque.

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