Selon le bureau WES Research & Strategy, 170.000 Belges possèderaient une seconde résidence. Les pays les plus prisés sont la France et l’Espagne. Avant de se lancer, mieux vaut se poser les bonnes questions et se faire conseiller par des professionnels.

Posséder une seconde résidence à l’étranger n’a jamais été aussi tendance. Ces maisons de vacances permettent d’allier le plaisir du dépaysement avec le confort d’être chez soi. Alors qu’elles étaient autrefois réservées à une élite au portefeuille bien garni, elles peuvent désormais se trouver à des prix très raisonnables. C’est surtout vrai en Espagne qui a été frappée ces dernières années par une crise immobilière. Les maisons s’y arrachent maintenant pour une bouchée de pain. « En Espagne la vie est moins chère et les billets d’avion sont encore relativement bon marché », explique Daniel Markowicz, patron de CIM immobilier qui a l’habitude de ce genre de transaction.

Mais attention, avant de se lancer, il faut bien se renseigner. « Je conseille d’abord à mes clients de prendre le temps de choisir la région. Ils doivent se poser les bonnes questions et réfléchir sur ce qu’ils veulent. » Un appartement ou une maison? Dans un endroit calme ou animé? Comptent-ils y aller souvent? Toutes ces questions doivent être passées en revue pour ne pas regretter son choix. D’un point de vue pratique, l’agent immobilier recommande de penser à l’entretien et aux facilités d’accès. « Tenerife est très bien pour cela car il y fait 25°C toute l’année, c’est à 4 heures de vol et le potentiel locatif est assez élevé. Les personnes qui ne se rendent dans leur seconde résidence que quelques semaines par an peuvent ainsi la louer pour rentrer dans leurs frais. » Ils doivent ensuite avoir conscience des dépenses qu’impliquent une seconde résidence, pour payer un avocat qui vérifiera la légalité. « Ces frais supplémentaires représentent entre 6 et 10 % du prix d’achat », évalue Daniel Markowicz.

Sans oublier les taxes. « Leur nombre est en général plus limité qu’en Belgique », explique Wim Vermeulen, avocat spécialisé en fiscalité immobilière, associé au cabinet Cazimir à Bruxelles. Les deux pays peuvent essayer de réclamer de l’argent. « Il existe des traités qui reprennent toutes les règles en la matière. Mais c’est le pays dans lequel se trouve la maison qui taxe, sauf exception », détaille le spécialiste. Il recommande, pour n’importe quelle acquisition, de faire appel à un avocat pour vérifier que tout est en ordre. « Il vaut mieux engager un avocat belge et un avocat à l’étranger, surtout pour l’Espagne et l’Angleterre car il n’y a pas de notaire. » Ceci étant, l’État belge doit savoir que vous possédez une maison à l’étranger. « Vous devez déclarer ce bien immobilier car la Belgique sera facilement au courant », prévient Daniel Markowicz.

Wim Vermeulen met également en garde contre les acomptes qui sont parfois demandés. « Les acheteurs doivent être certains que c’est bien l’accord de réservation qui correspond à leur dossier. J’ai déjà vu des personnes se faire arnaquer et perdre 10.000 euros parce qu’elles n’ont pas été suffisamment prudentes. » Daniel Markowicz confirme: « En Espagne des gens se sont accaparé des terrains qui ne leur appartiennent pas. » Il ne faut donc signer qu’après l’approbation d’un avocat et ne rien payer avant. Dans le cas de nouvelles constructions, il convient également de ne rien acheter sur plan et d’aller voir de ses propres yeux le bien immobilier.

Enfin, sachez que la Belgique pourra réclamer des droits de succession si vous voulez transmettre ce bien immobilier à vos enfants. « La double imposition est bien sûr évitée mais dans le cas où il n’y a pas de droits de succession à payer dans le pays étranger, c’est la Belgique qui récoltera cet argent. » Pour éviter de payer ces droits de succession parfois très importants vous pouvez transmettre votre maison de vacances de votre vivant. Aucun droit de donation n’étant dû en Belgique pour les immeubles hors territoire, c’est la meilleure solution pour économiser un paquet d’argent.