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Maison connectée: la science-fiction à notre porte

Alors que le nombre d’objets connectés n’a jamais été aussi important qu’à l’heure actuelle, chaque foyer s’apprête à se doter d’une intelligence propre facilitant grandement notre quotidien. Mais encore faut-il savoir l’utiliser en toute connaissance de cause.

Avez-vous déjà imaginé rentrer chez vous après le travail, sans avoir besoin de clé pour ouvrir votre maison, juste par la détection de votre présence? Sans la moindre action supplémentaire, les volets de votre façade s’ouvriraient, la lumière se diffuserait petit à petit au fil de votre progression dans les pièces. Vous vous poseriez dans votre canapé et d’un claquement de doigts, la télévision s’allumerait sur votre émission favorite. Le progrès technologique absolu digne d’un film de science-fiction, pensez-vous certainement. Et pourtant, cette maison intelligente ne serait plus un vague rêve sans fondement. L’avènement du Web 3.0 ou de ce que l’on appelle encore aujourd’hui l’Internet des objets permet de toucher cette nouvelle réalité du bout des doigts.

« Le concept de maison intelligente réside dans la capacité à ajouter de l’intelligence à tous les objets du quotidien et à les connecter entre eux », explique Olivier Gramaccia, Business Development Manager chez Sirris. « On parle également ici d’objets très simples comme un thermostat, une cafetière ou une brosse à dents ». Imaginez par exemple votre machine à laver se mettre en route toute seule lorsque vos panneaux solaires reçoivent une émission solaire effective? Ou mieux encore, lorsque le prix de l’électricité quotidien est à son niveau le plus bas.

On doit mettre en garde sur deux aspects fondamentaux: l’éducation et la sécurisation de ces nouvelles technologies.

Les enjeux de la maison connectée vont surtout se jouer sur quatre points: la sécurité, la santé, le confort et la communication. « Selon le profil des habitants, certains points vont être mis plus en avant que d’autres », explique George Klepfisch, administrateur délégué du BCDI (Belgian Centre for Domotics and Immotics). « De jeunes parents renforceront la sécurité avec de nouvelles technologies liées à la petite enfance, tandis que des personnes plus âgées joueront sur l’aspect santé grâce à un monitoring de leur santé suivi en direct par les médecins ».

Une vraie révolution qui se marque par l’accroissement exponentiel des possibilités de connexions dans les années à venir. Alors que le globe compte aujourd’hui déjà pas moins de 23 milliards d’objets connectés, il en comptera plus du double en 2025! « Cela va se faire aussi naturellement que l’arrivée de la carte de crédit ou du gsm », explique Olivier Grammaccia qui tient également à rassurer les générations plus anciennes sur leur appréhension face à cette technologie. « Aujourd’hui les personnes de plus de 60 ans ne se considèrent plus comme vieilles et ont été habituées aux changements technologiques modernes. Elles veulent rester actives et suivre les évolutions actuelles ».

Malgré tous les éloges que les deux experts font sur ces avancées, ils cherchent tout de même à mettre en garde sur deux aspects fondamentaux: l’éducation et la sécurisation de ces nouvelles technologies. « Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises technologies en soi. Considérez par exemple l’électricité à ses débuts », avance 25Olivier Gramaccia. « C’est bien parce que ça nous a donné l’éclairage. C’est mal car la personne qui recevrait une décharge trop forte mourrait ». Le concept de la maison connectée répondrait au même biais. Plus les connexions se font, plus cela suggère l’émission de données à caractère souvent personnel. Données, qui une fois en de mauvaises mains, pourraient se révéler critiques. « Au mieux, cela peut déboucher sur une publicité ciblée par des opérateurs qui détiendraient nos données », exemplifie Olivier Gramaccia. « Au pire, cela renseignerait des pirates ou des cambrioleurs sur nos comportements à l’intérieur de chez nous ». Sans parler des problèmes de démocratie et de votes qui pourraient en découler. « Les partis politiques pourraient en effet vous enjoindre à voter pour eux en ciblant certaines des données émises dans votre vie privée ». Pour contrer ces tendances, il n’y aurait qu’une seule solution: l’éducation et l’esprit critique face à ces nouveaux systèmes. Mais force est de constater que de ce point de vue-là, notre enseignement est encore à la traîne.

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