Accueil Famille Michel De Maegd: Vie de famille: l’or du temps

Michel De Maegd: Vie de famille: l’or du temps

Victor, Emma, Juliette, Sylvie et Michel De Maegd… Une famille normale. Sauf que papa est le populaire présentateur du Journal de RTL-TVI depuis 18 ans. Il nous parle de son défi quotidien d’éducation et d’équilibre.

Des jumeaux de 16 ans, Victor et Emma, une Juliette de 14 ans et Sylvie son épouse gynécologue… Michel De Maegd est un homme bien entouré et un journaliste comblé comme présentateur du Journal de RTL-TVI depuis l’an 2000. Un cocon familial et une fonction médiatique que le gaillard de 48 ans maintient en subtil équilibre.    

Présentation du Journal et vie de famille, pas simple tous les jours?
« Cela aurait été plus hard encore si j’étais resté reporter de terrain au Rwanda, ou au Kosovo… Ce que j’ai fait pendant 5 ans. C’était déjà compliqué pour ma vie de couple avec mon épouse qui faisait médecine pour devenir gynécologue. Mais chaque année, on s’offrait un voyage d’un mois au bout du monde. C’est en Polynésie qu’on a décidé d’avoir des enfants. J’ai débuté au Journal en 2000, un an après sont nés nos jumeaux, Victor et Emma. »

Un changement total de votre organisation de vie?
« En effet. En plus, je n’étais pas demandeur du poste. On m’a incité à passer le casting, puis à faire le job un an. J’y suis encore! Dans la foulée, l’arrivée de Victor et Emma a été un bouleversement. Avec ma femme gynécologue, appelée jour et nuit pour des accouchements, et moi au Journal, c’était chaud. Il y a eu des moments compliqués pour concilier métier et vie privée. Entre famille nombreuse et boulot, c’est clairement un exercice d’équilibriste. La difficulté, c’est l’organisation! Heureusement, ma femme est championne en la matière et en plus un cordon bleu. Moi j’aide aux tâches domestiques et tout le jardinage c’est pour moi, j’aime ça. L’autre hic, c’est mon horaire. Après 8 ans de 13 Heures, je suis à ma 9e année de 19 Heures. Donc je loupe le repas familial puisque je rentre vers 21h. Mes enfants me le reprochent souvent! »

Entre famille nombreuse et boulot, c’est clairement un exercice d’équilibriste.

Vous compensez autrement?
« Oui! La difficulté c’est le facteur temps. C’est ça le défi de la vie de famille: pouvoir maîtriser le temps. Quand on parvient à accorder le temps nécessaire à ses enfants et son couple, on est gagnant. Je cultive des moments complices avec chacun: le shopping avec Juliette la cadette, alors que je déteste ça; avec ma fille aînée Emma, je cours et on prépare ensemble les 20 Km de Bruxelles; j’aime la boxe et chaque fois que je vais voir un match j’emmène mon fils depuis qu’il est petit. Ces moments de partage permettent de se dire et de faire passer des choses. »

Comment se gère votre « notoriété » au niveau famille?
« Mes enfants n’ont connu leur papa que dans cet emploi de présentateur. Petits, cela leur semblait naturel. Ce n’est que quand leurs amis ont commencé à en parler que le sujet est devenu plus envahissant. Ils ont toujours eu du mal avec les gens qui m’accostent pour un autographe ou un selfie. Avec l’impression qu’on leur pique leur moment avec papa. Ils ont fini par accepter cet inconvénient lié à mon job. Mon épouse s’emploie aussi à relativiser ma notoriété: à la maison on ne parle jamais de mon boulot! »

Leurs potes les charrient?
« C’est arrivé. Surtout lors de mon plus gros lapsus à l’antenne. Un jour j’ai dit Ibrahim Zlatanovitch au lieu de Zlatan Ibrahimovitch! Ma boulette a fait le buzz partout. Mon fils, alors footballeur, m’a maudit. Il s’est bien fait chambrer et moi aussi au match dominical. »

Vous estimez être un père strict ou cool?
« Les deux. On a toujours été stricts sur l’éducation, les valeurs fondamentales, dont la première est le respect, de soi et des autres. Je suis assez cool mais dans les moments plus tendus, un regard suffit. Mes yeux disent tout. Je m’énerve peu et si cela arrive, je renoue vite le dialogue. Strict oui, mais pas dirigiste. Nous faisons confiance. Notamment pour les études, on n’est jamais derrière eux mais toujours prêts à aider. Et je suis très indulgent quand je les vois crevés, qui n’en peuvent plus. Je les incite à se reposer. Aujourd’hui, le rythme des enfants est imposé par une société qui valorise réussite, performance. Dans ma jeunesse, on valorisait plus l’épanouissement, le bonheur. »

Quelle est la différence entre l’éducation que vous avez reçue et la leur?
« Mes parents étaient très sévères, surtout ma maman. Exemple, un jour en weekend scout je m’étais planté à vélo et salement cassé un doigt. On m’opère, me plâtre et me ramène à la maison. L’accueil de ma mère a été une gifle! Une telle réaction est inconcevable pour moi. Mon père était aussi sévère mais plus cool. Je n’ai en tout cas pas reproduit leur sévérité. Pour moi, ce qui forge un enfant c’est son éducation. Les valeurs fondamentales bien inculquées, comme altruisme, respect, solidarité, assistance, sont immuables. »

Quelles règles imposez-vous à vos enfants?
« Comme parents, on pense toujours sécurité et “risques” de mauvaises influences ou rencontres. C’est pourquoi, je discute régulièrement avec mes enfants. Mes aînés, Victor et Emma, sortent parfois jusqu’à 4 heures du matin. Je l’autorise pour ne pas brimer leur soirée, les mettre en décalage avec leurs potes. Mais on a un deal: au moindre souci vous m’appelez et je viens vous chercher.  Ma femme et moi tapons souvent sur les mêmes clous car une mauvaise expérience est vite arrivée. Ne pas les brimer leur apprend aussi le sens des responsabilités et à se gérer. Mais il faut une confiance mutuelle. Idem pour l’usage des écrans naturellement. »

Vous aimez l’aventure en solitaire, comme Earth Challenge en 2009, vol Australie-Belgique en ULM. Comment la famille vit-elle cela?
« Concernant le sport d’aventure, ma femme l’accepte. Mes enfants ressentent plus l’absence, l’éloignement. Lors du Earth Challenge, ils avaient de mes nouvelles via un blog et étaient fiers de ce que leur papa réalisait. Ils connaissent mon goût pour ces défis hors du commun qui me construisent. Des voyages pour le boulot, ils acceptent moins! »

SMART FACT.

Si vous n’étiez pas devenu présentateur du Journal,
vous seriez…

« Vidéaste-conférencier pour marier ma passion des voyages lointains et ma vocation à la partager avec le plus grand nombre. »

Texte & Photo Fernand Letist
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