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Être maman en 2018

Les aspects de notre société évoluent constamment, la maternité y compris. Aujourd’hui, on a moins d’enfants, mais on leur consacre plus de temps. Pour une femme, être enceinte, c’est aussi savoir combiner travail et bébé, toute seule ou en couple.

Aujourd’hui, la maternité ne se passe plus de la même manière qu’il y a 30 ans. Ainsi, le nombre d’enfants par femme, appelé fécondité par les démographes, a diminué dans tous les pays développés. « En 2015, le nombre d’enfants par femme en Belgique s’élève à 1,7 », indique Ester Rizzi du Centre de recherche en démographie et professeure à l’Université Catholique de Louvain. Pour cette spécialiste, on pourrait parler d’une maternité moderne « moins intense ». Un terme à nuancer, toutefois: « En réalité, la plupart des femmes travaillent et les activités scolaires et extrascolaires des enfants ont augmenté. » Les femmes ont donc moins d’enfants, mais plus de boulot à côté. Et cette charge est d’autant plus importante que les enquêtes sur l’emploi du temps montrent que l’augmentation des heures des femmes sur le marché du travail n’ont pas vu une augmentation équivalente des heures de travail domestique et de soin des enfants de la part des hommes.

Cette baisse de la fécondité est notamment liée à l’augmentation de l’âge auquel les femmes ont leur premier enfant. Ainsi, en Belgique, en 2016, la moyenne se situait aux alentours de 29 ans. Comme l’âge a reculé, les femmes ont donc moins de temps pour fonder une famille nombreuse. Des facteurs sociaux peuvent également expliquer ce phénomène. « Le temps passé aux études a augmenté, ainsi que le nombre de femmes occupées, avec toutes les difficultés de concilier le travail rétribué et la famille », explique Ester Rizzi. La crise économique, enfin, peut aussi avoir impacté la fécondité.

Parmi les évolutions récentes, on peut également pointer le nombre croissant de maternités en dehors du couple. « En 2011, sur le total des ménages, 8 % étaient des ménages monoparentaux, dont la plupart des mères seules », détaille la démographe. La montée des divorces et des unions libres pourrait expliquer le phénomène. Tout comme la maternité solo ou l’homoparentalité.

Le temps passé aux études a augmenté, ainsi que le nombre de femmes occupées, avec toutes les difficultés de concilier le travail
rétribué et la famille.

— Ester Rizzi

Effectivement, même si les grossesses spontanées restent les plus répandues, on peut aujourd’hui très facilement recourir à la procréation assistée. La Belgique fait d’ailleurs office de pionnière en matière de FIV (fécondation in vitro). « L’accès à la FIV pour les couples stériles est facile et elle est très bien remboursée », explique Nicolas Delbar, gynécologue obstétricien à Bruxelles. « Nous avons toujours été assez progressistes sur les lois, contrairement à la France où il est encore très compliqué pour les couples homosexuels d’avoir un enfant. » Il existe également d’autres techniques, moins courantes, comme le don d’ovocytes et de sperme, et la gestation pour autrui.

Comme les femmes d’aujourd’hui ont généralement une activité professionnelle, leurs grossesses diffèrent légèrement de celles de leurs aînées. « Dans le cas d’une grossesse normale, il n’y a pas de restriction en termes de travail. Pour les cas à risque, en revanche, il faut aménager le temps de travail », prévient le docteur Delbar. Il ajoute qu’il faut évidemment éviter les chocs sur le ventre. Une recommandation valable également pour le sport. « L’équitation, l’escalade, toutes ces activités pour lesquelles il y a un risque de chute, sont proscrites, d’autant plus que l’équilibre est modifié. » Par contre, le gynécologue recommande le jogging et la natation, parfaite pour soulager le dos. Très sollicité, ce dernier peut également bénéficier des soins d’un kiné qui apprend à se tenir et à améliorer sa position.

Hormis ces précautions, il n’y a pas de recommandation particulière pour préparer l’arrivée du bébé. Il faut toutefois veiller à avoir une alimentation équilibrée. « Je conseille aux femmes enceintes de prendre de l’acide folique qui réduira le risque de malformation chez l’enfant. » Sans oublier la vitamine D dont on manque en Belgique, faute de soleil. Sinon, il reste simplement à être patiente.

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